ENT au primaire

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Faut-il ignorer le primaire pour la mise en place des ENT ?

La lecture de l’appel à réactions sur les Environnements Numériques de Travail proposé par la SDTICE du ministère de l’Education laisse entendre que le développement des ENT ne serait pas envisagé pour le primaire dans un premier temps. Cette affirmation pose question pour les acteurs de terrains impliqués dans l’intégration des TIC. En effet, il me semble que ceux qui pourraient le mieux tirer profit de certaines potentialités des ENT sont bien les enseignants du primaire. Quelques raisons m’amènent à penser cela : D’une part les établissements primaires sont, pour une bonne partie d’entre eux souvent démunis face à l’intégration des TIC. Souvent partagés entre des matériels souvent anciens, une formation relativement modeste et surtout un sentiment de relatif isolement par rapport à la communauté nationale : on entand davantage les agrégés, les enseignants du secondaires ou du supérieur que les enseignants du primaire (même si certains tentent de relever la tête, parfois pour mieux enfoncer celle de leurs collègues accusés de ne pas faire leur travail). Le film « Etre et Avoir avait rappelé à la France qu’il y avait une véritable école primaire avec des enseignants qui savaient faire, par bricolage, ce que la réalité quotidienne les amenait à affronter. Le sentiment qui remonte souvent de la part des enseignants de l’école primaire c’est le souhait de se voir aidé pour intégrer les TIC. L’exemple du déploiement de SPIP-Eva et autres outils faciles à mettre en oeuvre est la preuve que cette approche peut répondre à une véritable demande soutenue par l’institution. Or si les ENT ne devaient pas concerner l’école primaire cela renforcerait la frilosité des équipes face à cet outil. En effet les enseignants du primaire ont cette particularité qu’ils sont souvent à la recherche de ces outils simples et pratiques qui ne demandent pas de prise de tête. Or si les ENT semblent revendiquer cette capacité à fournir des outils « prêts à utiliser » on se dit que les enseignants du primaires pourraient bien en faire un formidable outil de suivi et d’accompagnement des élèves et de leurs apprentissages, eux qui savent ce que signifie un livret de compétence depuis 1991 et surtout 1995. Un ENT de circonscription, de département, voire de région, personnalisable et adaptable par briques pourrait permettre de guider en toute sécurité l’entrée des élèves dans le monde d’Internet et plus largement des TIC. Il semble que la question des ENT pour les collèges et les lycées relève d’une autre problèmatique qui me semble beaucoup plus délicate, non seulement sur le plan technique, mais surtout sur le plan pédagogique et humain. Quand on observe les débats actuels de l’enseignement secondaire autour de la place des TIC (cf le récent communiqué de l’EPI sur l’enseignement de l’informatique) dans le système scolaire, on s’aperçoit que la culture ENT ne correspond pour l’instant pas à celle de ce niveau d’enseignement. Que ce soit au niveau de l’établissement, du département ou de la région, le premier point à résoudre est celui de la capacité des acteurs de l’éducation à communiquer et de plus avec les TIC. En ouvrant la porte communicante de l’établissement, les ENT risquent de provoquer une méfiance, type big brother, qui amènera à un rejet de cette solution. Il me semble qu’avant d’envisager des solutions, il est toujours nécessaire de revenir aux problèmes qu’elles sont censées résoudre. Est-il sur que ces solutions correspondent aux problèmes des enseignants des collèges et des lycées, je n’en suis pas sûr actuellement, alors que je pense qu’un grand nombre des potentialités des ENT rendraient de grands services pour l’enseignement primaire.

A débattre

BD

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