Madame il m'a traité !!!

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Que certains mathématiciens, philosophes, et autres intellectuels en viennent à l’invective, l’injure voire la diffamation n’est pas sans poser question à une époque où l’on reproche à nombre de groupes de Rap d’utiliser des réthoriques guerrières et l’invective comme seul mode d’expression. Or c’est bien ce qui est en train de se passer. Faut-il retourner sur le prè à 6 heures du matin avec le choix des armes pour retrouver le bon vieux temps ? Faut-il retourner à la barbarie de nos primitifs pour qui la mort de l’autre signifiait leur survie ? Après quelques accalmies, le débat autour du Haut Conseil de l’Ecole et de ses membres ou encore celui à propos de l’origine des violences récentes en France semble apporter quelques raisons de craindre le pire. On peut y voir un signe de faiblesse de la Démocratie, celle de nos anciens Grecs qui dans l’Agora utilisaient le discours policé pour convaincre. On peut y voir aussi un effet des nouveaux outils de communication, en particulier la messagerie électronique, instantanée ou non. Depuis plusieurs années je m’interroge sur la violence symbolique des messages dont je suis parfois destinataire. Comme si son émetteur voulait « tuer » symboliquement son lecteur, le message comporte de manière implicite une condamnation définitive du lecteur par l’auteur. De même dans la messagerie instantanée il m’arrive souvent d’observer ce même glissement, mais de manière cachée puisqu’elle s’arrête dès que l’anonymat disparait. Récemment, je me promenais non loin d’une cours d’école dans laquelle j’entendais un enfant dire à un autre, « je vais dire à la maîtresse que tu m’as traité !!! » et l’autre de lui répondre « tu vas faire de la lèche!!! » Quel lien entre les deux ? Ne suis-je pas en train de dénoncer ? La difficulté de la position à tenir est la suivante : comment empêcher la barbarie de revenir dans notre société qui autorise toute parole, même non « policée ». On peut penser qu’il suffit de réprimer, de mettre des règles, mais même ceux qui en réclament sont prompts à utiliser cette violence.

Il est grand temps que l’éthique de la parole devienne un « objet de débat public ». Le développement des moyens de communication à supprimé la régulation exercée par la « fonction éditoriale ». Désormais chaque auteur doit réinventer cette fonction, de même que chaque lecteur. Alors non seulement objet de débat, mais l’éthique de la parole doit aussi devenir un véritable objet d’éducation, des jeunes mais aussi des adultes et même des enseignants.

BD

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