Etonnantes remarques

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L’instructive lecture du Rapport – n° 2005-105 ?? Octobre 2005 de l’IGAEN intitulé « Synthèse nationale des visites d’EPLE effectuées en 2004-2005. Une analyse des facteurs de la performance scolaire OCTOBRE 2005 » réalisé par Jean-François CUISINIER, Inspecteur général de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche et Thierry BERTHÉ, Inspecteur général de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche nous apprend beaucoup de choses sur la vie de nos collèges et de nos lycées. Saluons encore un fois la qualité du travail de ce corps d’inspection qui montre à plusieurs reprise qu’il prend position en se basant sur des analyses de terrain dont il connaît les limites, mais qu’il utilise avec sagesse.

Ce rapport nous intéresse particulièrement car, à la suite de la visite de nombreux établissements (une centaine environ) et d’analyse sur au moins quatre académies, il permet à ses auteurs d’écrire ce qui suit :

« L’utilisation des TICE

La présence d’un CDI actif, bien équipé et accessible est un atout pour les élèves. Dans ce domaine, il est nécessaire de signaler que plusieurs notes font état d’un retard important dans la mise en oeuvre du B2I. Il apparaît que les conditions de validation du B2I ne sont pas réunies dans certains collèges et que la situation semble assez disparate sur le territoire.

Faute parfois d’équipement informatique, mais le plus souvent par sous utilisation des ordinateurs disponibles ou du fait du mode de fonctionnement du CDI, certains établissements n’ont pas engagé le processus ou tardent à le finaliser. Ce retard devra être résorbé rapidement dès l’année scolaire 2005-2006 et au plus tard à la rentrée 2006. En effet, ainsi qu’il est mentionné dans la circulaire de rentrée 2005, les résultats du B2I seront vraisemblablement pris en compte pour l’obtention du brevet à partir de la session 2007. »

– On s’étonnera d’abord du lien direct que font les rapporteurs entre le CDI et le B2i sans préciser la raison de ce rapprochement qui, d’ailleurs semble flou. Le mode de fonctionnement du CDI serait en partie fautif du retard dans la mise en place du B2i.

– Noter que les conditions ne sont pas réunies de façon égalitaire sur le territoire confirme ce que depuis longtemps nous observons mais que les « statistiques » nationales, voire régionales (cf les chiffres présentés lors du salon de l’éducation, qui ont été mis en ligne sur le site educnet et qui ensuite ont été retirés – lien mort vers le document powerpoint !).

– On retiendra surtout à lecture de ce passage que la principale cause de retard sur le B2i est la « sous-utilisation des ordinateurs disponibles ». Cette appréciation met en évidence ce que de plus en plus d’observateurs déclarent : l’usage des TIC dans l’enseignement n’a pas encore trouvé sa place et reste marginal.

– On ne peut que se désoler de lire qu’il faudra que le B2i soit inscrit dans les examens pour qu’il soit mis en place. L’inspection générale qui réclame cette intégration aux examens depuis longtemps (cf les rapports de 2001, 2002, 2003, constate que les enseignants n’en font qu’à leur tête dès lors qu’on ne leur « tape pas sur les doigts »…. Si c’est une réalité, et il va falloir finir par le croire…, il faut alors que l’on fasse autre chose que de mettre en place un C2i métiers de l’enseignement dans les IUFM… A croire que nos jeunes collègues, une fois certifiés compétents par l’université, seront meilleurs que les autres, c’est oublier que la réalité des pratiques enseignantes n’est pas de manière univoque lié à leur formation… Il suffit d’interroger et d’observer des enseignants en poste depuis trois ou quatre années pour s’en rendre compte. Et pourtant cette formation est absolument indispensable.

Mais il y a probablement autre chose. La confusion entre CDI et B2i nous en dit long sur les conceptions de l’IGEN. En fait il se passe la même chose pour les CDI que pour le B2i : ils sont sous utilisés… par les enseignants, mais pas par les élèves (demandez aux documentalistes). Quant aux TIC on sait que nombre d’élèves ont renoncé à en faire quoique ce soit à l’école dans la plupart des enseignements et en dehors… sauf au CDI, et encore…

En conclusion, on observera une nouvelle fois qu’entre les statistiques du ministère (DEP Avril 2005) qui nous annonçait deux tiers de mise en place du B2i et la mise en place réelle sur le terrain il y a un écart (nous pensons que la réalité se situe plutôt du coté des 40%, sans préciser la qualité de mise en place). Même si l’on considérera ce propos comme pessimistes (cf des échanges avec certains membres de la DT et de la DESCO), il est temps de changer de cadre de référence : depuis 35 années, les TIC concernent une minorité d’enseignants. Si l’on pense que les TIC doivent s’intégrer dans les pratiques enseignantes, il faudra que la problèmatique du lien entre les TIC et les disciplines soit réellement posée (elle commence à l’être en physique, SVT, histoire géo, math), mais pas en terme d’injonction ministérielle, mais véritablement en terme de culture disciplinaire, donc de culture scientifique (les enseignants chercheurs d’université feraient bien de se poser les mêmes questions… et de publier leurs réponses – cf l’entretien du Café Pédagogique avec Jean Didier Vincent en aout 2004 à Hourtin ).

L’intégration des TIC est une question de culture générale : elle concerne tous les acteurs de l’école, dedans et dehors. Les TIC ne sont pas que les sous marins de l’entreprise dans l’école. Elles sont aussi un puissant levier culturel qui est en train de s’offrir à tous ceux qui auront la capacité à en être les auteurs. Mais peut-être que nombre d’enseignants (et certains des alliés de cette pensée) ont, au fond de leur imaginaire, l’idée que si l’on commence à rendre les élèves auteurs de la société de l’information et de la communication, cela pourrait être sérieusement déstabilisant pour le système scolaire… Il vaut mieux continuer de croire seule l’école façonne nos chères têtes blondes et malléables….

A débattre

BD

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