Sous quelle forme présenter le B2i aux équipes ?

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La lecture du document du nouveau B2i soumis pour consultation par le ministère de l’éducation (SD-TICE) peut amèner à de nombreux commentaires. Mais il me semble que plutôt d’entrer dans le détail des compétences utiles ou non (comme le demande l’enquête en ligne) faut-il penser avant tout à « l’utilisabilité du document » final. Or il apparaît que le document qui nous est soumis risque d’amener à une confusion qui pourrait être lourde de conséquences sur la mise en place dans les établissement. En effet en distinguant objectif, référentiel de compétence et feuille position, il apparaît qu’il y a un niveau de trop. Sans entrer dans la bataille « théorique » de l’emploi discutable de certains termes, il m’apparaît, qu’à partir d’une lecture synoptique des domaines de compétences qui met en face les niveau école collège et lycée pour chaque domaine, il faudrait soit supprimer la partie référentiel de compétence soit modifier le découpage entre référentiel et feuille de position en les fondants en un seul ensemble.

La pratique de l’ancien B2i avait mis en évidence le fait que les équipes ne se sont centrées que sur les feuilles de position et ne se sont pas du tout référées au référentiel. D’ailleurs une lecture attentive de l’une et de l’autre montrait que le référentiel n’était pas aussi utilisable que la feuille, on pourrait même ajouter que certaines contradictions entre les deux témoignaient de luttes d’influences.

Dans le nouveau B2i, la recherche de la progressivité dans les domaines de compétence est beaucoup plus claire, évidente et utilisable sur la base des paragraphes « feuille de position ». Si le rappel de l’objectif du domaine semble lui indispensable, il faudrait supprimer l’actuel paragraphe appelé référentiel afin d’éviter des confusions et des débats dans les établissements. A moins que, sans pour autant supprimer l’aspect référentiel comme il est présenté on se contente de définir les compétences terminales.

On peut même ajouter qu’une relecture synoptique critique des seules feuilles de position sous l’angle de la continuité et de la progressivité des niveaux de maîtrise des compétences permettrait d’ajuster au mieux ces propositions (chaque niveau constitue des paliers, pouvant eux-mêmes être précisés pour le niveau d’enseignement (exemple cycle 1 cycle 2 et cycle 3 au primaire). On peut penser que le document final de ces feuilles de position (pouvant aussi être appelées autrement…), s’il permet aux enseignants une « traduction » contextualisée à leur environnement social technique et professionnel, serait un bon outil de travail dans les classes.

Ce travail de traduction, qui est essentiel pour l’appropriation des référentiels par ceux qui ont charge de les utiliser au quotidien, pourrait, en premier, consister à faire élaborer par les enseignants des listes de critères et surtout d’indicateurs communs pour considérer qu’une compétence (appelons ainsi chaque item de la feuille de position) est maîtrisée. Dans le même temps, on pourrait demander aux équipes d’enseignants de concevoir des situations d’apprentissage et d’évaluation (ce sont les mêmes situations) qui permettraient de mobiliser une ou plusieurs compétences et ainsi de vérifier la pertinence des indicateurs retenus.

Simplifier la présentation du B2i et en permettre, voire en favoriser une traduction et une localisation vise à faciliter la mise en place. Si de plus l’on poursuit le cadre fixé dans le premier B2i, on évitera d’ajouter à la confusion possible. C’est en particulier le cas pour la question des compétences totalement ou partiellement maîtrisées (le cas des 80% de Septembre 2005). Le HCE (texte du 23 mars 2006) fait à ce sujet, dans son texte sur le socle commun, un rappel très clair sur ce que signifie la maîtrise du socle. :

« L’exigence dans le contenu est indissociable d’une exigence dans l’évaluation : l’Ecole a une obligation de résultats, effectifs et vérifiables. Des paliers seront définis dans la maîtrise du socle. Une compétence est maîtrisée ou ne l’est pas ; elle l’est quand l’élève réussit de façon répétée un certain nombre d’évaluations. Il ne peut y avoir de compensation entre des compétences qui doivent être acquises par tous et dont la maîtrise sera évaluée par des outils nationaux. »

Il est clair qu’il faut définir clairement ce qui est indispensable et ce qui ne l’est pas, et qu’il ne faut pas laisser aux enseignants le choix des compétences du B2i. Il est clair aussi qu’il faudra se mettre d’accord sur cette maîtrise réelle (et donc les indicateurs et les situations).

Enfin le HCE écrit :

 » L’évolution de chaque élève, compétence par compétence, pourrait apparaître dans un document qui le suivrait tout au long de sa scolarité. « 

On peut y voir ce que d’aucuns ont envisagé depuis plusieurs années, à savoir l’utilisation d’un portfolio, voire d’un e-portfolio, il suffirait de peu de choses pour que des produits comme GiBii (académie de Bordeaux) ou encore Sitiz (académie de Nacy-Metz), par exemple, puissent en être les porteurs. Encore faudrait-il engager tout un travail de formation sur la « démarche portfolio » qui pourrait rejaillir, à partir du cas du B2i sur un ensemble de pratiques d’évaluation, comme l’a proposé l’inspection générale de l’éducation nationale dans son rapport sur les acquis des élèves publié en Juillet 2005.

A suivre

BD

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