Un bilan pour commencer l'année

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Les bilans sont souvent publiés en fin d’exercice, c’est à dire au début du suivant. Ils ont pour but d’éclairer le décideur et de l’amener à orienter son action. C’est ce qu’a demandé le ministre à la SDTICE en mars dernier. C’est ce texte accompagné du bilan 2005 2006 des TIC que l’on trouve sur le site educnet ces jours-ci à l’adresse http://www2.educnet.education.fr/plan/politique/priorites-tice.

Ce rapport sur le développement des TIC dans l’éducation nationale propose outre une analise, un esnemble de 15 propositions qui méritent notre attention. Basé en premier lieu sur les sondages effectués par Médiamétrie en 2005 (sondages assez étonnants et que l’on peut mettre en lien avec une publication assez surprenante elle aussi, « le nouveau pouvoir des Internautes (de FX Hussher, C. Hussher, ME Carrasco, Timée éditions 2006) l’analyse bien optimiste de l’évolution des pratiques (une augmentation de 6,6% des pratiques des enseignants entre juillet et décembre 2005, vacances comprises) permet de donner un premier satisfecit, doublé pourtant d’interrogations sur la variabilité de cette évolution selon les niveaux, disciplines, régions… Cette analyse permet de porter au crédit de l’école – un peu hativement semble-t-il si l’on se réfère aux observations in situ, et surtout à une analyse un peu serrée de la méthodologie du sondage. On s’étonnera qu’il ne soit jamais fait référence aux travaux de l’INSEE qui pourtant en terme d’équipement sont intéressants…- ce développement des pratiques des jeunes. Il faut constater à l’instar des auteurs de ce rapport que l’évolution continue. On sera peut-être moins enthousiastes sur les réalités scolaires, mais on approuvera l’idée que les efforts commencés surtout à partir de 1997 et poursuivis de façon constante portent leurs fruits. Désormais l’informatique et internet on vraiment doirt de cité dans les écoles, reste encore souvent, trop souvent à en faire réellement quelque chose qui ait du sens et c’est là que les choses sont plus difficiles.

Les 15 propositions du groupe font écho à cette analyse qui soulève outre des inégalités, des questions de fonds dont certaines sont en cours de réponse. L’impression qui se dégage de la lecture de la première partie de ce document est celle d’un écart important entre des chiffres et des réalités de terrain, les auteurs du document le signalent à propos de l’analyse des usages, d’ailleurs ils écrivent : « Les données recueillies sur le terrain au quotidien sont donc à la fois fragmentaires et dispersées. Le pilotage national de la politique des TICE s’appuie beaucoup sur des enquêtes déclaratives, exhaustives ou sur échantillons, internes ou plus souvent encore commandées à des cabinets privés, et plus sur l’évaluation des conditions que sur celle de la qualité et de l’efficacité des usages, alors même qu’un gros effort de promotion et d’accompagnement est effectué dans ce sens. »(p.11).

La liste des freins à la généralisation fait donc l’objet d’un long passage qui révèle l’ampleur de la difficulté. Matériel, ressources, inconfort technico-pédagogique, faible plus value, séparation scolaire extra-scoalire, faible implication de l’encadrement et en particulier des corps d’inspection et des responsables des établissements scolaires, voilà la liste des points faibles identifiés.

Voici les 15 propositions :

Une intégration plus forte dans le cursus de l’élève

– Mesure 1 : Introduction systématique dans les programmes de pratiques pédagogiques fondées sur l’usage des TIC

– Mesure 2 : Prise en compte des résultats du B2i au brevet des collèges et au baccalauréat

– Mesure 3 : Création d’un e-portfolio pour chaque élève qui comprendrait notamment le cahier de référence de ses acquis du socle commun.

La formation et la mobilisation accrues des enseignants et de l’encadrement :

– Mesure 4 : Plan de formation de l’encadrement et notamment des corps d’inspection

– Mesure 5 : Prise en compte de l’usage des TIC dans les évaluations faites par les corps d’inspection

– Mesure 6 : Mise en ligne du cahier de textes et des ressources pédagogiques associées destinés aux élèves dans le cadre d’un ENT

– Mesure 7 : Intégration forte des TIC dans le cahier des charges des IUFM

– Mesure 8 : Évaluation des compétences professionnelles liées aux TIC dans les concours de recrutement.

– Mesure 9 : Mise en place d’observatoires académiques des usages des TIC

– Mesure 10 : Généralisation des volets TICE dans les projets d’établissement ou d’école.

– Mesure 11 : Privilégier de nouvelles modalités de formation continue (alternant présence et distance) et le travail collectif des enseignants, pour valoriser les usages professionnels des TIC.

L’implication des collectivités territoriales

– Mesure 12 : Mise en place d’une convention cadre

– Mesure 13 : Former des interlocuteurs pour le dialogue avec les collectivités territoriale

Soutien aux ressources numériques pédagogiques

– Mesure 14 : Structuration de la diffusion des ressources et services

Aménagement numérique du territoire

– Mesure 15 : Connexion haut débit partout et pour tous

On remarquera que ces mesures ne sont pas toutes nouvelles, on trouvera trace de la plupart d’entre elles depuis plus ou moins longtemps dans les textes du ministère (par exemple la mesure 1 est écrite en 1992 dans le texte du conseil national des programmes consacré aux TIC).

Les principales originalités concernent la mesure 3, un e-portfolio pour chaque élève d’une part, et la mesure 11 qui vise à promouvoir l’idée de nouvelles modalités de formation continue des enseignants basées sur les TIC (même si on retrouve cela dans le principe même C2i métiers de l’enseignement).

On constatera donc une continuité dans les actions menées depuis de longues années. On pourra s’interroger sur la récurrence de certaines de ces mesures, signe bien évident de la difficulté qu’il y a à mettre en place dans un système aussi lourd que celui de l’éducation nationale des impulsions importantes. Les TIC ont ceci de particulier qu’elles touchent à deux domaines en dehors de l’école, le professionnel et le familial. Or l’école est de plus en plus questionnée dans son rapport à ces deux univers. On peut le constater par les discussions sur l’orientation scolaire ou sur celles de la relation entre l’école et les familles.

Souhaitons que ce document bilan, dont on peut saluer, globalement, la lucidité permette non pas de nouvelles mesures venues d’en haut, mais la mise en place d’un travail de prise de conscience par tous les acteurs du niveau des enjeux liés à ces TIC. Il n’est pas sûr que cela soit le cas, à en juger par les écrits qui chaque années remplissent les bacs des libraires et qui fustigent les TIC….à l’école.

A lire, d’abord puis à suivre et à débattre

BD

1 Commentaire

  1. L’informatique et les TIC dans le système éducatif
    EpiNet – La revue électronique de l’EPI – n°87 de septembre 2006 est parue :http://www.epi.asso.fr

    Voir notamment la "Lecture EPI du rapport du groupe de travail
    pour le développement des TIC dans l’Éducation nationale"
    http://www.epi.asso.fr/revue/art...

    Cordialement
    EPI – Paris, 16-09-2006

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