Quel nouveau cadre pour le B2i ?

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En septembre 2005 on avait découvert le fameux 80% des items du B2i validés pour permettre l’attribution de l’attestation. Nous avions remarqué à l’époque que cette décision allait à l’encontre du projet initial du B2i mais plus encore de la logique sous jacente basée sur un référentiel de compétence. Ainsi en décrétant 80% suffisant, le ministère dans son souci de réalisme dans le déploiement du B2i, renonçait à la clarté de l’évaluation. Quels seraient les 20% « maudits » ? Ainsi on pourrait imaginer que deux élèves ayant le B2i n’auraient pas les mêmes compétences validées. De la même façon que deux élèves ayant leur baccalauréat compare leurs « notes » dans les différentes épreuves et constatent les « compensations » différentes de l’un et de l’autre, le système scolaire continuait ainsi à promouvoir l’idée que « le flacon importe plus que son contenu ».

Les textes publiés en juillet 2006 (BOEN n° 29 du 20 07 2006) concernant le socle commun ainsi que ceux sur le B2i apportent un nouvel éclairage sur cette question. D’une part les textes sur le B2i n’apportent aucune nouvelle information sur les modalités de mise en oeuvre pour l’école et le collège, et aucune explication pour le lycée. D’autre part le texte sur le socle commun, tout en apportant aucune information sur la mise en oeuvre rappel pourtant que ce sont toutes les compétences qu’il faudra valider (même si le texte n’est pas formulé ainsi, c’est, selon nous, la seule lecture qui puisse en être objectivement faite).

Ainsi pour le B2i, en l’absence de la circulaire de mise en application qui comporterait au moins les feuilles de position qui ont été mises en ligne en date du 15 septembre 2006, il nous faudrait nous en tenir aux textes antérieurs, donc celui de septembre 2005. Or il entre manifestement en contradiction avec ce que le socle commun réclame.

Le B2i collège constitue le référentiel de l’item du socle commun « 4 – La maîtrise des techniques usuelles de l’information et de la communication « . D’ailleurs il est indiqué dans ce texte de juillet 2006 que « Les connaissances et les capacités exigibles pour le B2i collège (Brevet informatique et internet) correspondent au niveau requis pour le socle commun. »

On s’aperçoit donc que si le socle commun est respecté il faudra que tous les items du B2i soient validés pour que le socle commun le soit aussi. La contradiction avec le texte de septembre 2005 est flagrante. Que faut-il faire ?

Les 80% ,auxquels a été adjointe l’idée que deux disciplines minimum étaient convoquées pour valider le B2i, répondaient à un souci de favoriser la mise en place du B2i en accédant à une demande formulée à plusieurs reprises par certains enseignants et chefs d’établissements. Il faut bien reconnaître que cela n’a eu que très peu d’impact dans les établissements. le vrai problème était ailleurs. Dès lors on peut se poser la question de ce que va devenir le socle commun sur le plan de sa mise en oeuvre concrète. On peut penser que l’absence de circulaire d’application du B2i publiée au BO est l’écho d’un certain embarras ministériel, tout comme l’absence de précision sur la mise en oeuvre concrète du socle. En effet si, comme nous l’avons écrit dans le numéro de la revue « les cahiers pédagogiques » consacré au socle commun, le B2i est un précurseur du socle, alors on peut déjà imaginer ce que pourrait en être sa mise en place concrète. Mais on s’imagine aussi les résistances qui ne manqueront pas d’émerger sur le terrain. Comment accepter un socle à 80% ? Cela serait un incroyable renversement et pour tout dire un renoncement. Peut-on valider les items du socle par de simples épreuves externes alors que l’on sait que les compétences se construisent et s’observent dans le temps et dans des contextes variés plus qu’elles ne se mesurent ponctuellement ?

Force est de constater les atermoiements actuels. Il est vrai que le retour sur la scène du débat de la place de la note (confère la votation du canton de Genève de septembre 2006) ne facilite pas les choses. Toutefois il est temps que les choses prennent forme concrètement car les promesses et le consensus autour de l’idée de socle commun pourraient devenir une rupture, un déchirement national sur l’idée de ce que l’école apporte à la nation. D’aucuns sont prompts à agir dans les couloirs des ministères pour faire valoir leurs idées, mais c’est dans les classes, au quotidien, que se vivent ces questions, il est temps que les conseillers du prince reviennent à ce principe….

A débattre

BD

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