La place des TICE dans les établissements scolaires

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En annonçant simultanément la suppression de décharge pour les enseignants de classe de 1ère et l’ouverture de nouvelles décharges pour les responsables TICE des établissements, le ministère rend-il réellement un service pour leur déploiement ? Rien n’est moins sûr. L’effet vase communicant qu’induit cette façon de présenter les choses risque de mettre de nouveau les TIC sous le feu des détracteurs. Les TIC qui sont déjà si encombrantes dans les établissements et qui ont tant de mal à rentrer dans la classe n’avaient probablement pas besoin de cette proposition pour être la cible des critiques. Certes il ne faut pas nier l’intérêt et même la nécessité de ces heures de décharges, nous les avons appelées de nos voeux depuis plus de vingt ans. Mais l’opportunité de cette mesure risque fort de produire l’effet contraire à celui souhaité. D’autant plus qu’en s’attaquant aux décharges des enseignants, on a oublié de s’attaquer à de nombreux postes détachés dans diverses structures (académies, rectorats, ministères, musées, crdp, etc…) dont la pertinence n’apparaît pas aussi criante pour tous. Les chefs d’établissements qui reçoivent chaque jour des sollicitations pour des journées, des semaines thématiques en savent quelque chose qui sont étonnés de voir ces personnels aussi disponibles pour des actions de ces natures, fort louables par ailleurs, alors qu’ils ont souvent du mal à avoir leur nombre d’enseignant face aux élèves.

En saluant l’initiative qui reconnait enfin la nécessité de personnes ressources TIC pour les établissements scolaires, on remarque que l’on satisfait là à l’un des besoins exprimés depuis de longues années par les acteurs impliqués eux-mêmes.

Cependant, il ne suffit pas d’émettre ce genre de recommandation si on ne l’encadre pas par une formation sérieuse de ces personnels. C’est ce qui est fait depuis plusieurs années dans l’académie de Poitiers au travers du DU de technologies éducatives organisé par l’université de Poitiers (département IME de l’UFR Lettres langues, réalisé aussi en convention par le CEPEC International de Lyon). Pas seulement formation, mais aussi reconnaissance universitaire d’une véritable compétence, ce type de dispositif mérite donc d’être désormais étendu si l’on veut que ces décharges soient légitimes et non pas seulement une compensation de service rendu. C’est probablement à ce prix que les choses pourront se faire dans de bonnes conditions dans les années à venir.

Ainsi voit-on enfin apparaître dans l’établissement, comme l’avait déjà indiqué la loi d’orientation, la notion de personne ressource TICE avec une véritable reconnaissance officielle. En lien avec les enseignants documentaliste et au sein des conseils pédagogiques ou des conseils d’établissements, ces personnels devront être à même de proposer des pistes pour développer une véritable culture de l’information et de la communication qui passe aussi par la compréhension et la maîtrise des technologies qui en permettent le développement.

La fin de certaines décharge horaires ne pourra être comprise si elle est amalgamée à des compensations peu facilement lisibles. Il semble nécessaire qu’une plus large explication soit faite et surtout que, concernant les TIC en éducation, un vrai débat sur le sens de leur intégration en éducation soit entamé. Or pour l’instant on s’en tient aux outils (confère les annonces sur les notes et autres ouvertures des informations des établissements en direction des parents..)

On est probablement sur la bonne voie pour les TIC en éducation, mais il reste encore à en définir valablement les contours.

A suivre et à débattre

BD

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