Circulaire de rentrée et TICE

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Si beaucoup d’amateurs de TICE auront vu le paragraphe sur le B2i, j’espère qu’ils n’auront pas oublié de lire celui qui précède sur le livret de compétence.

En effet on peut y lire un autre élément du déploiement des TIC dans les établissements scolaires qui s’inscrit dans le droit fil de ce qui a été fait pour le B2i mais là à propos du suivi des acquis des élèves. En effet on peut y lire

 » Les résultats positifs des évaluations seront attestés dès la prochaine rentrée dans le livret individuel de compétences. Ce livret sera un document personnel permettant aux élèves et aux parents d’être informés des composantes du socle commun et de suivre les progrès constatés dans l’acquisition progressive de leur maîtrise. Constitué dès l’école élémentaire, à la fin du premier palier du socle (classe de CE1) et transmis au collège, il suivra l’élève jusqu’à la fin de la scolarité obligatoire dans les diverses voies de formation retenues. »

Jusque là on se trouve dans le même modèle que ce que les feuilles de position du B2i ont préfiguré dès 2000. Mais on peut lirs juste après :

« Le livret individuel de compétences est un des éléments du livret scolaire électronique qui sera progressivement mis en place pour chaque élève. Outre les informations relatives aux acquisitions des compétences du socle et aux différentes attestations scolaires liées aux programmes (brevet informatique et internet, attestation de première éducation à la route, attestation scolaire de sécurité routière, attestation de formation aux premiers secours), il recueillera les appréciations des enseignants sur la scolarité de l’élève, ainsi que les relevés de notes actuels. Ce livret scolaire sera accessible aux enseignants qui le renseigneront, aux élèves et à leurs parents qui le consul teront à partir des espaces numériques de travail (ENT), aux chefs d’établissement qui l’exploi teront. Au fur et à mesure de sa mise en oeuvre, ce livret scolaire électronique se substituera aux documents papier. »

Tous ceux qui ont déjà commencé à utiliser des outils comme Sitiz ou GiBii vont pouvoir commencer à partager leur expérience de ce type de produit. On lit enfin ceci à la suite :

« Dès que seront prêts les textes des programmes révisés et précisés les modalités d’évaluation ainsi que le contenu et le mode d’utilisation du livret individuel de compétences, un calendrier de stages de formation des personnels pourra être mis en oeuvre au plan national et dans les académies pour l’année scolaire en cours. »

Evidemment On voit tout de suite que ceux qui ont déjà une bonne maîtrise de la démarche B2i, de ses concepts et de sa gestion vont pouvoir accompagner tous les collègues qui vont découvrir cette nouvelle modalité de suivi mais aussi d’évaluation.

Il est intéressant de noter que cette proposition de la lettre de rentrée tombe suite au rapport de l’IGEN de 2005 sur les acquis des élves mais aussi au même moment qu’un numéro de la revue du CIEP de Sèvres, n° 43 : Que savent les élèves ? au sommaire consultable à l’adresse : http://www.ciep.fr/ries/ries43.htm , dont un article écrit par M Bouvier est fortement médiatisé ces jours-ci et qui rappelle les errements de l’utilisation sans discernement de la notation.

Ainsi nous entrons au collège, après le primaire dans l’ère du livret d’évaluation. Attention à ce que cela ne produise pas les catastrophes observées à l’école primaire avec ces listes pléthoriques et incompréhensibles, en grande partie, de compétences. Le volontarisme ministériel à la mise sur Internet de ces livrets d’évaluation est assez logique mais en même temps assez risqué. En effet la révolution des logiciels de gestion de notes (souvent les premiers pas informatiques, obligatoires, de nombre d’enseignants) avait déjà posé quelques questions, la gestion des livrets de compétences à l’école primaire n’a pas encore été bien comprise partout (ni même parfois par ses promoteurs), la forme actuel de rédaction du socle commun est encore largement « incompatible » avec les formes utilisables de référentiel déjà en cours à l’école primaire, enfin la culture informatique partagée laisse encore une large part à la suspicion vis à vis du « tout communiquant en matière d’évaluation », même si dans certains établissements cela ne pose aucun problème.

A cet important élément de la circulaire de rentrée on ajoutera le passage consacré au B2i. On y relira la volonté réelle d’imposer ce dispositif dans tous les niveaux de la scolarité et en lien avec le socle commun. On se posera pourtant la question de savoir si l’usage du mot « obligatoire » contenu dans le texte n’est pas révélateur de ce qui depuis de longues années pose problème, à savoir la mise en oeuvre réelle du B2i dans les établissements scolaires.

Cet ensemble d’impulsion ne doit pas nous laisser passer sous silence un élément essentiel et significatif de cette lettre de rentrée. En effet ce qui est le leitmotiv de Monsieur de Robien c’est « l’égalité des chances ». Etonnant de voir comment à plusieurs reprise cette idée est mise en avant comme étendard justifiant toutes les initiatives. « L’égalité » est si présente dans ce texte qu’elle ménerait, si nous étions de mauvais esprit, à penser qu’entre les sexes, les handicaps, les parents, la santé tout est au même niveau (et cette fois-ci pas les TIC, ou est donc passé la fracture numérique objet d’un derniers numéros de la revue Hermès). Etonnant patchwork qui vide de son sens ce terme au moment où la question, par exemple de la carte scolaire, pourtant pierre d’angle d’une des idées égalitaristes, n’est même pas évoquée comme chantier, mais cela n’a paeut etre pas à figurer dans ce type de texte, et pourtant… De toute façon ce qui compte dans cette circulaire, ce sont les résultats et la réalisation d’objectifs, c’est désormais la LOLF qui dirige et ça c’est nouveau dans le système (à tous les niveaux) et c’est rappelé tout au long de cette circulaire

A suivre et à débattre

BD

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