Des outils pour collaborer ?

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Le progressif développement des outils collaboratifs amène les établissements scolaires à s’intéresser de plus en plus aux fonctionnalités qu’ils offrent. Le plus connu de ces mouvements est celui qui s’est développé autour des outils de gestion de contenus (CMS) comme SPIP et les blogs. Parce qu’ils permettent à un groupe de s’exprimer et de partager simplement des informations voire de communiquer entre participants ces outils ont connus un succès qui est très largement lié à leur « accessibilité » c’est à dire au fait qu’ils sont suffisamment faciles à installer et mettre en oeuvre dans un contexte scolaire. Certes il y a des hiérarchies suivant les difficultés d’installation (en ligne, FTP, PHP, Mysql,hébergement, etc…) mais on peut dire que désormais il ya un mouvement bien engagé.

Aller au delà, c’est à dire dépasser la dimension principalement informationnelle (en fait c’est le site web qui devient de plus en plus facile à mettre en place), n’est pas simple. Agenda partagé, documentaion en ligne, cahiers de textes, évaluation en direct, partage de documents, voire même gestion de projets collaboratifs etc…, sont des pistes que d’aucuns explorent.

Au moment où l’on sent que les Environnements Numériques de Travail cherchent à s’imposer, il faut se reposer la question de l’accessibilité. Si je considère que la facilité d’accès est le critère principal il faut reconnaître qu’aujourd’hui on est encore loin du compte. Après avoir testé plusieurs outils on s’aperçoit que la mise en oeuvre de telles services suppose encore un accompagnement sérieux. L’exemple de Gibii et de Sitiz sont illustratifs de cela. Je peux installer moi même l’outil et le gérer mais cela est compliqué. Du coup les académies les proposent clés en main avec l’assistance pour la bonne marche et une maintenance réelle. On le voit donc la piste de travail est à la centralisation de ces ressources qui facilite l’accès de tous. On peut souhaiter aujourd’hui créer un blog, installer un spip, ou encore mettre en place un espace guppy, moodle ou claroline. Chaque établissement scolaire qui va se poser la question devra réfléchir avant de s’engager. Soit on fait tout localement, mais il faut les ressources, soit on confie cela aux services académiques compétents.

La réponse actuelle semble se trouver du coté d’un récent texte sur la question du redéploiement des temps de service des enseignants (JO du 12 février 2007). En effet on peut y lire :

« 2° Coordination d’une discipline ou d’un champ disciplinaire, d’un niveau d’enseignement ou d’activités éducatives au titre d’un établissement ou d’un réseau d’établissements : …… Usage pédagogique des technologies de l’information et de la communication ; Elaboration et promotion d’innovations pédagogiques ; …… 3° Formation et accompagnement d’autres enseignants …… Activités liées à l’utilisation des technologies de l’information et de la communication ; ……« 

Ainsi les choses sont engagées : c’est du coté de la mise en oeuvre pédagogique que l’établissement va se tourner et il déléguera la partie purement technique et informatique. On le voit là le souci d’accessibilité est réel. Mais…

Car il y a un mais : portefeuille de compétences en ligne (circulaire de rentrée 2007), Gibii ou Sitiz, applications de gestion des identités des élèves (primaire et secondaire), gestion des carrières des profs et aussi gestion des notes et des cahiers de textes en ligne, tout celà semble formidable. S’il n’y avait Big brother ! Combien de temps le décideur résistera-t-il à l’envie de fouiller toutes ces données désormais disponibles pour « suivre » l’activité du système, mais aussi celle des personnes. Utiliser ces outils comme indicateurs pour évaluer le système est légitime, encore faut-il que cela soit fait dans la transparence (on a vu avec les évaluation de CE2 et de 6è qu’il y avait confusion des genres) ?

Il va nous falloir imposer des chartes et des contrats dès lors qu’un service académique, ou une société privée nous proposera ce genre de services. Ces chartes et ces contrats devront clarifier les limites d’investigation et les droits à la confidentialité. Et ce ne sera probablement pas la CNIL qui pourra nous y aider vu son absence chronique de moyens (90 personnes là ou l’Allemagne en emploi 400).

Ceci est donc une mise en garde et un appel à la vigilance… et aussi à la confiance…

A suivre et à débattre

BD

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