Images de l'enseignement scolaire

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Riposte, Duel, deux noms d’émissions de télévision ô combien évocateurs qui rejoignent les 100 témoins de cette première émission d’un ancienne présentatrice de JT en cours de recyclage cathodique. En effet la méthode télévisée de questionnement du système scolaire a révemment révélé ses dernières techniques qu’il est intéressant d’analyser. Amener 100 témoins sur un plateau en déclarant refuser les habituels « beaux parleurs » pour mettre en avant les acteurs de terrain, ceux de la vraie vie aurait été louable si… les concepteurs de cette émission avaient voulu vraiment poser les problèmes de fond. Au lieu de cela, la recherche de l’émotionnelle solution aux « vrais » problèmes, la valorisation des individus élevés au rang de héros d’un soir.

Pour cette première émission, la cerise sur le gateau est venue de l’intimité familiale d’une personne prolongée par une campagne publicitaire rageuse dans toutes les villes. En effet une officine d’accompagnement scolaire a été particulièrement habile pour non seulement montrer l’intimité de son patron, justifiant à elle seule son initiative : « j’avais un enfant en difficulté et l’école ne répondait pas à mes attentes, grace à ma façon de faire il a réussi, j’ai décidé de proposer ma solution à tous… » mais aussi en prolongeant opportunément cette émission d’une campagne publicitaire basée sur une marianne et un drapeau français pour évoquer la lutte, supposée révolutionnaire dans la thématique graphique, de la société commerciale. Il n’y a pas de petit profit. Malheureusement l’émission a semble-t-il fait un flop d’audience… car à trop montrer la présentatrice et à construire le discours, on désespère les gens qui veulent réfléchir (et non pas qu’on réfléchisse pour eux).

Les deux autres émissions, Ripostes et Duel, portent dans leur nom ce que Pierre Bourdieu appelait la spectacularisation de la réflexion qui tue la pensée et le débat scientifique. Pour ce faire on met en scène « les bêtes de spectacle » que sont des gens comme Philippe Meirieu, Alain Finkielkraut, que l’on entoure de ministre, de témoins du « terrain » (mais pas trop, dès fois qu’ils fassent de l’ombre). Et l’on assiste au spectacle surréaliste de ces parleurs dont le discours enfle sous les ors des palais artificiels que sont les studio de télévision….

On ne peut qu’être attéré de cette façon de faire. La présentatrice et le présentateur de chacune de ces émissions semblent se délecter de leurs bons mots, de leurs bonnes questions et les répondants, tels des tennismen (ou women, mais plus rarement) qui jouent toute l’année ensemble, de ressortir les mêmes types d’arguments insatiablement répétés…

Mais surtout ne faisons pas de travail d’analyse. L’un propose l’excellence l’autre répond l’excellence oui mais. L’un parle du lien de l’école avec le monde réel à condition de ne pas s’inféoder à l’économique, l’autre parle du retour aux textes littéraires pour faire des dictées (si on veut un peu plus dégoutter les enfants de la littérature c’est le meilleur moyen…). Bref des discours convenus pour personnes déjà au courant.

Mais quand la télévision sera-t-elle vraiment éducative ? A un moment du débat de l’émission DUEL du 11 novembre, on a cru mettre le doigt sur un problème déjà signalé par le rapport de l’inspections générale sur l’école primaire et maternelle du mois de septembre 2007 : la richesse et la variété culturelle dans la vie familiale. Mais là silence, Allons plutôt voir sur coté de l’école… de l’université… on est en terrain connu. Oublions (pas complétement car elle a été subrepticement évoquée) la nullité culturelle de nombreux supports médiatiques de masse. Oublions la dureté des rapports professionnels (bien au delà des rares syndiqués qui s’agitent) qui amènent des gens à désespérer jusqu’à en quitter la vie, à abandonner leurs enfants, à en oublier tout sens du bien commun…

Car il semble bien que plus les débats creusent le vide, plus ils révèlent, tels les bas-reliefs ou le travail des archéologues sur le terrain, les traces de l’inculture collective que progressivement nos société construisent à coup de slogans et de propos médiatiques. Le besoin de distance par rapport au quotidien, la nécessité d’une réfléxivité personnelle sont à mille lieues des préoccupations de nos débatteurs… eux ont réussi (enfin presque…), or comment affronter les enjeux quotidiens de la civilité, de l’éthique, de l’engagement si l’on reste perpétuellement scotchés devant ces sortes d’écrans qui chaque jour se vident… tandis que la toile se remplit progressivement de toute la richesse du monde… ou du moins espérons le, avant que les ogres, médiatiques, ne viennent tout contrôler… ou envahir

A débattre BD

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