Dix années de travail avec les logiciels de mind mapping

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Schéma heuristique, mind mapping, cartes conceptuelles, cartes mentales, ça y est on en parle partout, même sur le site du ministère de l’éducation français : http://www2.educnet.education.fr/educnet/sections/secondaire/dispositif/ticsecondaire/carte Les utilisateurs habitués de ce type d’outil ont l’habitude de se croiser depuis plusieurs années sur le site Petillant.com et sur la liste de diffusion heuristique@yahoogroupes.fr. Voilà que l’on sent qu’après un frémissement de ces trois au quatre dernières années, le phénomène va faire l’objet d’une médiatisation et d’un engouement qui risque de dépasser certaines limites… du raisonnable. On risque d’ailleurs de trouver l’habituel cortège de ceux qui, découvrant enfin cette approche, y voient une révolution totale… Or les choses méritent attention.

Utilisant ce mode de travail depuis dix années, ayant une pratique très « ordinaire » de ces outils, je me suis aperçu qu’ils constituent une approche qui méritent autre chose qu’un engouement. En effet il s’agit de réfléchir réellement à ce que signifie mettre sous forme schématique ou essayer de travailler par carte conceptuelle. La variété d’outils disponibles est assez révélatrice de la variété des approches. Ainsi entre une carte hiérarchiques, une représentation schématique et un schéma ontologique, il y a des écarts très importants et qui ne s’équivalent pas.

Pour ma part, faire un remue-méninge, prendre des notes dans une réunion, concevoir un écrit, modéliser un domaine de connaissance, modéliser un processus ou une procédure font partie des potentialités que j’utilise tous les jours, mais avec des outils logiciels différents. Lorsque je fais des présentations publiques il m’arrive aussi d’utiliser ces outils pour visualiser les contenus et les rendre disponibles. Ainsi j’ai pu constater que pour mon style de travail intellectuel ces outils me rendaient pas mal de service. J’ai constaté le fort pouvoir « séducteur » de ces outils et pourtant je reste réservé. En effet si construire au fur et à mesure d’une réunion une synthèse et la mettre immédiatement à disposition est spectaculaire, encore faut il maîtriser le processus réel de ces outils à commencer par une compétence basique : la frappe clavier rapide et à continuer par une compétence cognitive autrement complexe : la représentation spatiale et dynamique d’un univers de connaissances en train de se construire.

Faut-il former les élèves, les étudiants à faire des cartes ? En tout cas je suis sur qu’il ne faut pas donner de carte toutes faites. l’effet schéma est dévastateur. J’ai observé que construire avec un groupe est par contre très intéressant pour favoriser l’adhésion d’un groupe. Par contre amener tout étudiant ou élève à faire cela suppose un travail très complexe. Si l’on veut aller vers un tel projet, il faut d’abord accepter que ces outils ne conviennent pas à tous. Il faut donc accepter que l’approche de cet outil soit variable et qu’il n’y a pas de norme pour acquérir la maîtrise de ces outils. Enfin, je crois qu’il faut surtout laisser les jeunes construire leur façon de faire, en lien avec leur modèle d’apprentissage.

Nous sommes au début du développement grand public de ces outils. Soyons vigilants à ce que l’engouement médiatique (cf les Finlandais réussisent à l’école car ils utilisent ces outils…) n’écrase pas les jeunes dans une nouvelle forme de domination technologique… qui passerait par la normalisation des usages de ces logiciels

A débattre

BD

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