2008, serions nous au moment du basculement ?

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Il y a un réel frémissement :

  • Oui, les conditions matérielles sont désormais remplies pour permettre aux enseignants d’utiliser les TIC dans leur classe.
  • Oui les contenus d’enseignement ont désormais largement intégré l’usage des TIC au delà de l’outil…
  • Oui la population enseignante a franchi un seuil d’acculturation personnelle important.
  • Oui les élèves ont compris l’intérêt des TIC pour leurs apprentissages (et aussi pour leur vie familiale et sociale, la construction de leur identité).
  • Oui la société pousse les pratiques d’enseignement à l’intégration des TIC

Mais ce basculement est encore trop inégal et surtout insuffisant :

  • Non, on n’éduque pas à la culture numérique, on éduque à l’usage des TIC, fût-il raisonné
  • Non, le B2i n’a pas encore effectué la vraie révolution qui le fera dépasser la dimension technique
  • Non, la culture numérique ne se traduit pas seulement par la maîtrise technique mais bien pas la compréhension systémique
  • Non, les brillants exemples que l’on montre ne sont pas la réalité de la culture scolaire actuelle

Dans un système scolaire élitiste et qui pousse à la compétition inter-individuelle, les TIC n’ont qu’une seule place : celle de dopant pour la promotion personnelle. Les jeunes et leurs enseignants le savent suffisamment pour « cacher » encore nombre de leurs usages réels de TIC récentes mais aussi anciennes. La forme scolaire actuelle ne tolère pas des objets techniques comme les ordinateurs, encore moins les liaisons sans fil qui permettent de sortir des murs de la classe, et encore moins des possibilités de communication qui permettent de bavarder pendant la parole du maître, voire même le simple fait que l’élève puisse tenir parole (saluons l’opportun numéro des dossiers de l’ingénierie éducative sur les publications des élèves qui nous remet en mémoire que cette pratique est ancienne et qu’elle n’est pas aussi « scolaire » qu’on pourrait le croire.
Lisez les nouveaux programmes de l’école primaire, vous comprendrez aisément qu’en réalité le basculement se fera dans les faits pas dans les textes. Lisez les textes sur l’accompagnement éducatif et vous verrez la convocation des TIC pour l’aide au devoir et au travail personnel à la bordure de l’école.
Non la culture numérique n’est pas entrée dans l’école. A continuer de nous montrer de belles et bonnes pratiques (avec TBI et visioconférences, comme on peut le constater sur le site Educnet) on nous empêche de  prendre   en considération le véritable changement de paradigme : l’émergence d’une réelle culture numérique, prise dans l’entrelacs des enjeux économiques sociétaux actuels. L’école à beaucoup trop tarder à examiner ces questions de fond (culture) et s’est trop intéressé aux questions de formes (maîtrise technique).
Mais peut-être qu’elle n’avait pas intérêt à le faire !
A débattre

1 Commentaire

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  1. Je suppose que tu répètes cela depuis des années…
    En 2005 j’écrivais « Sans remise en jeu des rapports pédagogiques traditionnels, l’utilisation des Tic demeure superficielle.»
    Et c’est toujours pertinent.
    J’en suis venu à la conclusion que la résistance dont tu parles («elle n’avait pas intérêt à le faire» ) provient de la conscience en arrière plan, de cette culpabilité fondamentale de tous les acteurs du système éducatif, de tous ceux qui contribuent au maintien d’un système qui dépouille les enfants de leur autonomie et même de leur joie d’apprendre. Avant on pouvait comprendre, maintenant ce n’est plus vraiment justifiable. Et plus on attend, plus le constat devient évident.
    Les professeurs feraient la grève pour retrouver leur dignité et (re)devenir de vrais guides dans la démarche pédagogique autonome de leurs élèves.

  1. […] débat est lancé sur Veille et Analyse TICE: Non la culture numérique n’est pas entrée dans l’école. A continuer de nous montrer de […]

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