C2i et concours de recrutement des enseignants

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Le texte sur les concours de recrutement publié ce lundi 13 octobre parle explicitement du C2i pour la préparation du concours de professeur des écoles; aucune mention n’est faite concernant le CAPES et l’agrégation. De plus le C2i métiers de l’enseignement qui était délivré par les IUFM n’apparaît plus ici alors qu’il est inclus dans le référentiel métier des enseignants issus de la loi d’orientation de 2005.
On peut analyser ces faits de manière différente selon les points de vue et les éclairer à partir d’autres données existantes. La première de ces données est la mise en place du C2i dans les licences qui devient progressivement systématique comme le texte officiel publié en début d’année scolaire 2008 le rappelle. Si tous les étudiants qui passent une licence ont une attestation C2i alors la mention dans le dossier de recrutement des futurs enseignants n’a pas de valeur (ni présent dans le texte ni absent). Si seuls les étudiants qui ont le C2i peuvent accéder à l’enseignement primaire, on peut se poser la question de ce qu’il en est pour le secondaire… Autrement dit, on est étonné que cette mention du C2i (le niveau 1 car il n’est pas fait mention d’autre chose) ne soit obligatoire que pour le primaire.
Donc du coté du C2i on observe un certain flou qui risque de desservir l’avenir des TIC dans les collèges et les lycées.
L’absence du C2i2E pour le concours pose problème a plusieurs niveaux. Actuellement celui-ci est délivré après la première année (PLC2 – PE2) qui suit le concours. Il fait l’objet d’une procédure assez complète mise en place dans de nombreux IUFM. S’il ne figure pas dans les concours qui recrutent au niveau master (alors que les autres C2i professionnels seront dans les maquettes de master), qu’en sera-t-il alors ?
Faut-il envisager la disparition du C2i2E ? Sera-t-il lié à la validation professionnelle du recrutement après la première année (mais quid de la formation ?) ? Sera-t-il réservé à la formation continue des enseignants ? ou sera-t-il purement et simplement abandonné ?
Toutes ces questions peuvent amener à des spéculations nombreuses mais stériles tant que le ministère n’a pas précisé ses choix. Le pire serait qu’il ne les précise pas assez rapidement.
En tout cas, ces questionnements amènent à reposer la problématique de la place des TIC dans le métier d’enseignant. Le C2i2e a quelques défauts et bien des qualités. Parmi ses défauts, son hésitation entre les différents niveaux de maîtrise et de type d’usages qu’il nécessite ou encore sa centration sur le monde scolaire par rapport aux monde extérieur qu’il ignore largement. Parmi ses qualités, le cadre explicite dans les disciplines, l’importance de la mise en oeuvre concrète, la distanciation d’avec la technique et la réflexion nécessaire sur l’articulation entre les moyens techniques et les pratiques.
Chaque jour, dans chaque classe, l’usage d’Internet interfère avec la profession d’enseignant. Est-il encore possible de l’ignorer ? est-il encore acceptable de le refuser ? Est-il encore supportable de ne pas le comprendre si l’on se prétend « éducateur » ?
Il semble nécessaire que dans un avenir proche les choses soient précisées. Il me semble en particulier essentiel que le C2i Métiers de l’enseignement (si tant est qu’il soit vraiment adapté à l’enseignement actuel) puisse être enfin proposé réellement en formation continue et pas seulement initiale comme c’est le cas depuis sa création. L’acquisition des compétences TIC en lien avec l’activité professionnelle ne peut s’imaginer en dehors du contexte même de l’activité (ou alors ce ne sont plus des compétences…). Cependant le cadre posé par le C2i2e semble peu adaptable à des variétés de situations de terrain. Mais il est probable, que comme pour le B2i, il y ait des adaptations d’ici quelques années.
BD

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