Y a-t-il encore une place pour l'école ?

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La lecture de deux articles rédigés par des universitaires « Trouver et utiliser des informations sur Internet à l’école, : problèmes techniques et questions éthiques » (Jean Ravestein, Caroline Ladage, Samuel Joshua, Revue Française de Pédagogie n°158 2007, p 71-83) et « Environnements Numériques de Travail : un Modèle bureaucratique à Modifier »(; Eric Bruillard, Daniel Hourbette, Revue Argos  n°44, Décembre 2008 p. 29-34) invite à croiser deux réflexions l’une sur l’accès à l’information et l’autre sur la place des parents à l’école pour les mettre en lien.
 
Dans l’article sur la recherche et l’utilisation des informations à l’école, il nous est amené à penser qu’il y a une opposition radicale entre la logique du web et celle de l’école. Cette opposition semble irréductible, sauf à un changement radical du système scolaire qui devrait alors basculer, sous la pression, vers l’autoformation et la centration sur l’apprenant. 
Du coté des ENT, l’accent mis sur la place des parents donne à lire une hypothèse selon laquelle il y aurait plus d’imaginaire que de réel dans l’ouverture de l’école aux parents via les ENT. Deux faits y concourrent d’une part le faible usage par les parents, d’autre part l’absence de discours (demande ?)des associations de parents sur le sujet. Bien qu’oubliant malheureusement la référence fondatrice (le rapport Proxima de B. Benhamou en 2002), les auteurs laissent à penser de manière trop peu marquée qu’il y a une volonté politique dans le développement de cet imaginaire en vue de renforcer une opposition famille/école. 
 
Au delà de ces deux propos, c’est surtout sur l’opposition voire l’affrontement, que suggèrent les auteurs qui fait question. Partant tous d’une posture scolaro-universitaires, il mettent en évidence la différence des logiques scolaires d’avec celles du monde qui l’entoure, familial ou technique. Dans la même logique on sent aussi la gène que provoque cette opposition, car ils sont de ce monde scolaire et universitaire. On trouve d’ailleurs dans de nombreux propos issus de cet univers l’expression inconsciente de cette origine. 
 
La stabilité historique de l’univers scolaire et sa légitimité formelle, tout au moins en France, acquise au cours du XXè siècle est remise en question. Mais les points d’équilibre ne peuvent pas être changé aussi simplement et rapidement, en tout cas pas par la volonté des acteurs du système. Le développement des TIC est en train de modifier un certain nombre de paramètres du vivre ensemble et du devenir ensemble. Le système scolaire ne subit pas réellement les conséquences de cela pour l’instant, il maintient son pouvoir. Il semble bien que les tentatives actuelles de le déstabiliser par les familles d’une part, par les ENT d’autre part doivent être prises comme autant de signes importants. Les réactions de repli (protectionnisme… ambiant) basées soit sur la légitimité (pouvoir actuel de l’école) soit sur la tradition (rappel de l’ancien pouvoir de l’école) se rejoignent souvent. L’intrusion de nouvelles modalités d’information et de communication dans le corps social ajouté à l’évolution des contextes politiques et idéologiques fragilisent actuellement l’édifice scolaire. 
 
Heureusement pour les acteurs de l’éducation, le temps des changements les protège. Malheureusement pour tous, il y a d’autres temporalités qui se développent, souvent de manière anarchique mais qui prennent peu à peu en défaut le monde scolaire. Il est nécessaire de réfléchir aux continuité bien davantage que de penser seulement les oppositions. Mais le cadre de cette réflexion semble encore à construire…
 
A suivre et à débattre
 
BD

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