Et les TIC au lycée ?

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L’absence de toute référence au B2i lycée dans les textes officiels les plus récents et les travaux sur la réforme du lycée doit constituer un avertissement. En effet si on voit l’intérêt d’une option en seconde qui serait proposée (mais au fait la mise à niveau en seconde fait toujours partie des horaires possibles !!! et n’a pas été supprimée à cejour) pour les jeunes que le domaine informatique (sur un plan plus fondamental) attire, on ne peut que déplorer que le B2i, dont la contrainte égalitaire est inscrite dans le texte lui-même (sorte de socle commun du lycée dans le domaine des TICE), ne soit plus évoqué.
Et pourtant des allusions claires aux ENT et à leur intérêt pour l’accompagnement individualisé des élèves et le développement de leur autonomie ont traversé quelques textes pour cette réforme. Dans ces conditions on s’étonne qu’une stratégie plus globale ne soit mise en place pour une éducation numérique et informationnelle. Si l’on a bien tort sur le papier, il faut reconnaître que sur le terrain, cela renforce certaines positions opposées à de nouvelles pratiques qui intégreraient ces TIC pour l’enseignement. Et c’est parfois à juste titre, il suffit de penser au baccalauréat pour s’en apercevoir et la pseudo réforme du brevet des collèges ne va pas arranger les choses. Lueur d’espoir pourtant que ce programme de mathématiques en seconde qui vient proposer de l’algorithmique. Malheureusement il y a encore du chemin à faire pour arriver à une véritable prise de conscience.
D’une part des technologies numériques environnent désormais l’ensemble de nos activités quotidiennes. D’autre part la banalisation des usages est en train de marginaliser la culture scolaire par rapport aux « objets » issus des pratiques du numérique. D’autre part encore, les ENT tendent à se développer sans que le cadre pédagogique et citoyen de leur déploiement ne soit travaillé jusque dans les pratiques évaluées des élèves. Autrement dit, on ne fera que regarder le train et de temps en temps on s’intéressera à tel ou tel wagon en oubliant que sur les rails et derrière la locomotive numérique, tous les wagons vont dans le même sens.
Mais le système scolaire résiste et veut soigneusement conserver son découpage disciplinaire stricte. Regardons les IDD désormais presque tous disparus, regardons les TPE, souhaités et pourtant cantonnés à la marge du système. Le texte de Richard Descoings est particulièrement frileux sur ces domaines, TIC, transdisciplinarité. Ainsi nous allons « livrer »  à l’enseignement supérieur des jeunes plus nombreux encore (les taux de réussite continuent d’augmenter) mais sans aucun repère numérique posé officiellement.
L’université prompte à mettre en place son C2i, pâle figure de rattrapage technique, qui a conforté la place de ses informaticiens, pourra encore signaler l’étrange écart quelle continue de constater entre les logiques scolaires et les logiques de l’enseignement supérieur. Les enseignants des lycées pourront toujours rétorqué qu’avec l’augmentation du nombre des élèves, ils s’en sont tenus à l’essentiel (pas forcément le fondamental !) surtout que les programmes…. Et là on retombe dans les litanies habituelles…
Si l’on prétend former des citoyens responsables, avant de vérouiller les ENT et d’en faire des univers fermés et inutilisés, il faut que l’on développe de véritables stratégies d’usage. On rangera soigneusement d’abord les tableaux blancs numériques interactifs au rang des objets de passage. Puis on renoncera aux vieilles habitudes d’enseignement du lycée. Et enfin on réfléchira ensemble aux jeunes et à leur culture pour comprendre qu’il est nécessaire de proposer de nouveaux chemins, tant ceux qui ont été utilisés depuis de nombreuses années sont incapables de prendre en compte autrement qu’à la marge les changements essentiels de notre société.
A suivre et à débattre
BD

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