Orientation, avenir professionnel et TIC (réseaux sociaux, e-portfolio…)

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A l’occasion d’une intervention auprès de parents d’élèves de classes de terminales et de leurs enfants, j’ai rapidement évoqué les usages possibles des TIC pour favoriser une trajectoire vers l’emploi passant par des études, des expériences et des pratiques sociales variées. Après réflexion, plusieurs éléments apparaissent de manière de plus en plus clair si l’on croise la problématique des usages des TIC par les jeunes, dans la société et la problématique de l’orientation en générale. Il me semble intéressant d’explorer plusieurs pistes :
– La recherche d’informations sur Internet
Parce qu’elle est la plus banale, elle est aussi la plus maltraitée. En effet on ne perçoit qu’insuffisamment le désarroi des parents et des jeunes devant la complexité des sites proposés. Ainsi une université qui propose un deuxième semestre de remise à niveau pour les étudiants n’y arrivant pas au premier semestre ne donne pas accès facilement, sur son site, à ce dispositif dont on sait pourtant qu’il est nécessaire et rassurant…. en cas de choix erroné. De même l’absence d’homogénéité des organisations des universités ainsi que de leurs modes d’information, voire de leur vocabulaire empêchent les personnes peu au fait des subtilités internes d’y comprendre quelque chose et surtout de les mettre en parallèle entre plusieurs structures. De plus la dimension commerciale de certains sites d’établissements supérieurs privés amène à des effets d’annonce qui ne permettent pas de dsicerner l’important de l’annexe et par exemple pour identifier ce qui est véritable diplôme que diplôme interne, tout n’est pas clairement compréhensible pour le commun des mortels.
On nous invitera à aller sur le site de l’ONISEP, mais là encore les recherches sont beaucoup moins simples qu’on peut le penser. Par exemple ne cherchez pas les études de « kiné » à la lettre K, mais à la lettre M, en effet ce n’est pas kiné, mais masseur-kiné qui est référencé… On me dira qu’un peu de patience et d’intelligence permet de le comprendre, mais quand je me mets à la place de ceux qui cherchent, je peux comprendre qu’ils soient désarçonnés par certaines façons d’accéder à l’information qui sont davantage pensées par celui qui sait que pour faciliter la vie de celui qui découvre….
Le premier problème est donc de faciliter l’accès aux « bonnes informations » et le plus spectaculaire c’est le moteur de recherche qui mélange allégrement toutes les informations sans favoriser l’orientation… et éventuellement en rajoutant des liens publicitaires, certes discrets, mais générant du « bruit » peu propice à la compréhension des résultats.. Accompagner les jeunes et leurs parents dans l’identification des modes de présentation et donc sur les trucs et astuces de ce genre de recherche est un incontournable désormais. J’ajouterai que de nombreux enseignants sont aussi désarmés que leurs élèves sur ce point…
– Les démarches de choix et d’inscription
J’aurais probablement dû en parler en premier mais il me semble que cela vien après cette recherche d’informations au moins dans la chronologie et l’importance à y accorder. S’inscrire en ligne et suivre la procédure « orientation active » en ligne est loin d’être simple. En effet la stratégie de choix à mettre en oeuvre est difficile à maîtriser, surtout si on hésite. Mais même si on hésite pas… il faut être subtile. L’intérêt de cette procédure est de simplifier les choses, mais en autorisant 36 choix dont 12 dans le même type d’études, on voit vite le casse-tête que cela peut constituer pour des jeunes et des parents peu ou mal accompagnés. Car là encore, si le produit informatique est intéressant, c’est le problème de la culture qu’il faut développer pour pouvoir l’utiliser au mieux. Certes les enseignants sont des aides tout à fait qualifiés, mais devant la pression de l’orientation et le nombre important d’élèves à gérer, cela ne suffit pas vraiment toujours…
L’ouverture de multiples possibilités à compliqué les choses en peu de temps. Voyant les parents écouter sagement les présentations, pourtant fort pédagogiques des enseignants, on ne pouvait qu’observer, pour la plupart, le désarroi… devant cette complexité apparente et surtout ce sentiment d’être « pris pas une machine » infernale !!! La encore une question de culture est au coeur de la possibilité d’utiliser ces moyens à bon escient…
– Les outils pour aller au delà des études, vers l’emploi
Une des données que l’on met souvent de coté, quand on parle d’orientation scolaire, c’est la possibilité d’emploi liée à ces choix. J’entends déjà les oppositions de nombreux collègues. Cependant, il y a un vrai problème. En effet orientation dans les études et entrée dans l’emploi ce n’est pas la même chose. Or il me semble nécessaire de favoriser la mise en lien réelle de la trajectoire d’études avec l’employabilité. Regardez les sites d’établissements d’enseignement et de formation, ils ont beaucoup de mal à être clairs sur ce point. En effet il suffit d’interroger des personnes en cours d’emploi sur la trajectoire qui les a amenées à cet emploi pour s’apercevoir que c’est loin d’être une ligne droite et directe.
Or une des angoisses principales de l’orientation c’est le ou les métiers après… La variabilité, la diversité, la richesse de la vie professionnelle en rend difficile la lecture en terme d’emploi direct. Et cette lecture est d’autant plus délicate que l’évolution de certains secteurs est très rapide (entre 6 mois et 2 années pour passer du manque de personnels à la nécessité de licencier… Du coup il devient primordial de permettre aux jeunes et à leur famille de s’organiser en fonction de ce phénomène qui s’accentue et évolue tous les jours (on regardera aves profit le film documentaire « ma mondialisation » – de Gilles Perret en 2006 – pour comprendre ce problème).
Outre la recherche d’information sur les filières professionnelles qui est extrêmement complexe surtout si l’on ne connait pas le champ visé, il y a simplement la question des prédictions sur les « secteurs qui embauchent… On trouve des choses absolument contradictoires ou floues (la banque et les services embauches, oui mais pour quoi faire !!!) et donc difficile d’aider les jeunes face à ce magma d’infos.
Les portfolio et autres livrets de compétences se multiplient, soyons vigilant sur cette évolution. L’ONISEP a développé son Webclasseur et le fait expérimenter en ce moment. Cette initiative, intéressante en soi, entre en collision avec des projets engagés eux depuis plusieurs années et qui sont en train de trouver leur terrain : eportfolio tout au long de la vie. Portée en France par Eifel et d’autres encore depuis plusieurs années ces démarches ne sont pas nouvelles (sauf dans leur versant numérique). En effet depuis le début des années 80, l’INETOP et Jacques Aubret (entre autres, mais c’est le principal porteur) ont porté toutes les réflexions sur les portefeuilles de compétences et autre bilans du même nom ainsi que sur les dispositifs de validation des acquis (VAP puis VAE). Depuix près de 30 années la notion de portefeuille de compétences est en train de monter en puissance sans pour autant rencontrer une véritable volonté politique. Hormis depuis quelques semaines et l’appel à projet relayé par le BOEN (Bulletin officiel n° 1 du 7 janvier 2010), les initiatives ont été aussi variée que désordonnées. L’une des questions importantes qui se pose actuellement est de savoir quelle place on donnera à ces livrets tout au long de la vie dans l’avenir et donc la façon dont il faudra permettre aux élèves d’entrer dans cette logique. Le texte de juillet 2008 sur les parcours d’orientation de la 5è à la terminale, de même que la réforme des lycées portent cette dynamique. Il est désormais difficile de la laisser de coté surtout qu’avec l’Europass et l’Europortfolio, l’Europe avance aussi de son coté.
Les jeunes se sont emparés du web et récemment des réseaux sociaux. Ces pratiques, à l’instar des chats puis des messageries instantanées,développent chez chacun une culture de réseau. Or cette culture mise au service de l’orientation et de l’emploi est extrêmement prometteuse aussi bien pour faciliter l’accès à l’emploi que pour disqualifier le jeune qui ne sait pas développer son « identité numérique ». Se mettre en réseau, gérer, développer, structurer et faire vivre son réseau est désormais, en lien avec son portfolio, un des outils essentiels au service de l’orientation scolaire conçue dans une perspective d’emploi. L’usage de ces outils dans la vie quotidienne doit être prolongé dans un cadre professionnel à venir, c’est pourquoi le monde scolaire et le monde universitaire doivent accompagner les jeunes dans cette démarche vers l’emploi. Cependant les univers scolaires et universitaires sont encore trop isolés les uns des autres et la continuité nécessaire reste encore à construire.
Les outils déjà existants comme ceux de la fondation Jeunesse Avenir Entreprise (http://www.fondation-jae.org/) doivent être aussi mis au service de tous ces jeunes et de leurs parents qui sont en train de prendre conscience que les démarches et les trajectoires d’accès à l’insertion dans la société passent de plus en plus par un usage complexe mais essentiel des TIC
A suivre (il y a tant à faire) et à débattre
BD

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