L'intérêt du TBI, c'est le logiciel, pas le TBI !

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A lire de nombreux documents sur les usages pertinents du TBI, il apparait de plus en plus clairement que l’objet technique n’est qu’un simple périphérique d’entrée/sortie, mais que c’est le logiciel qui fait la plupart des qualités du TBI ! En fait ce n’est pas l’objet qui est à questionner mais la façon dont on en parle. En effet la confusion entre l’outil, le logiciel et le contexte pédagogique d’usage est à la base de cet engouement étonnant de naïveté dans les propos. Il faudrait revenir (encore une fois) à certains texte des années 1980 ou 1990 pour retrouver ces mêmes confusions à propos de l’ordinateur ou du CDROM multimédia… Tout serait question de mot, s’il n’y avait ces tentatives de manipulation, commerciales, idéologiques, voire politique pour convaincre du bienfait des TIC, sans jamais aller voir de plus près ce dont on parle.
Faisant un test sur ce que sont les TBI, en les manipulant dans différentes configurations d’installation, on s’aperçoit que la multiplicité des logiciels pose bien plus de problèmes que la multiplicité des techniques mises en oeuvre dans les TBI. Il y a certes des questions sur les choix matériels, mais elles sont beaucoup plus nombreuses dès lors que l’on examine les logiciels. Quant aux pédagogies qui se mettent en place, il y a encore beaucoup à dire sur « la pédagogie embarquée » dans le couple logiciel matériel. Dans quelle mesure les choix faits impliquent telle ou telle possibilité de pédagogie. Et cela sans parler du lien entre ces couples matériels logiciels et les autres objets techniques présents dans la classe, à commencer par l’ordinateur et en poursuivant par l’ordinateur, le visualiseur et autres périphériques ou unités centrales qui agissent ensemble dans ce contexte. En enfin l’examen du lieu d’implantation et la configuration des locaux de classe sont déterminants pour « imaginer » ce que l’on peut faire d’un TBI.
Plusieurs articles publiés sur le site québécois du récit illustrent ce questionnement sur l’entrée logicielle ou l’entrée matérielle :
Atelier TBI du récit : http://recit.qc.ca/spip.php?article625,
Blogs sur le TBI en classe : http://tbi.recit.qc.ca/
Les phases d’appropriation du TBI :http://tbi.recit.qc.ca/index.php?option=com_content&view=article&id=127:les-phases-dappropriation-du-tbi-&catid=64:texteseditorials&Itemid=121
C’est en particulier celui-ci qui illustre le plus clairement ces difficultés : table ronde sur les TBI : http://recit.qc.ca/spip.php?article393
Un guide publié en suisse apporte un autre éclairage complémentaire : http://enseignement.educa.ch/fr/enseigner-tableaux-blancs-interactifs
Evoquons quelques uns des questionnements que l’on peut relever ici ou là à propos du matériel :
Le tableau blanc du TBI doit-il être spécifique (écran) ou être un simple tableau blanc à marqueurs ou les deux juxtaposés ?
Le tableau doit il être lui même exclusif du logiciel utilisé ?
Le tableau doit disposer de caractéristiques uniques empêchant tout usage en dehors de la configuration proposée ?
Le lien entre l’ordinateur et le tableau peut-il se faire à distance suffisante ou faut-il prévoir un ordinateur dédié proche ?
L’utilisateur peut-il utiliser son propre ordinateur pour piloter le tableau ou doit-il avoir recours à un transfert vers l’ordinateur dédié ou vers un site internet de partage (ENT ?)
Par quoi se trouve pilotée l’image projetée sur l’écran :  un crayon, la main, par une tablette graphique (sans écran), par un ordinateur à écran à saisie par stylet, par une tablette numérique, en monopoint ou en multipoint ?
Le tableau est-il fixe ou mobile ?
Le tableau est-il associé physiquement au vidéoprojecteur ?
Evoquons simplement aussi le contexte de mise en oeuvre, la salle de classe, …: Il est aisé d’observer que, selon la configuration des salles de classe l’usage du TBI est plus ou moins aisé. Bien souvent, dans les salles de trop petites classes, il est quasiment impossible de permettre aux élèves d’interagir avec le tableau sans des déplacements difficiles. Faire venir un élève au tableau, vieille tradition pédagogique, n’ajoute rien à l’interactivité de la classe. Il rend simplement plus attrayant pour l’élève la venue au tableau, mais nécessite dans de nombreux cas une maîtrise du logiciel par l’élève… sinon c’est le professeur qui fait le travail… Selon les réponses que l’on fournit aux questions précédentes et selon le contexte physique de mise en oeuvre, le TBI ne répond pas de la même manière aux besoins. Un échange assez vif observé récemment entre un enseignant utilisateur et un chef d’établissement a mis en évidence une divergence nette d’appréciation sur ces questions (il s’agissait se savoir si l’écran pouvait ou non servir à autre chose que le TBI). Cela illustre de manière modeste la vivacité des questions que l’on doit prendre en compte…. L’observation récente de salles d’enseignement supérieur (amphi à l’ENS de Lyon, amphi du CNAM à Paris) m’a montré l’absurdité du déploiement de TBI : dans des salles pouvant contenir 150 étudiants et plus un TBI a écran dédié est placé sur le coté de la « scène ». La taille de l’écran rend impossible toute projection interactive significative et surtout lisible. Alors qu’à conté on vidéo projette sur un écran 4 fois plus grand le PowerPoint de l’enseignant…
Enfin revenons à notre point de départ : le logiciel. Ou plutôt les logiciels. Ce sont eux qui font « presque tout » et qui sont déterminants pour les usagers. Malheureusement ils sont passés sous silence dans la plupart des cas. Du coup nombre d’enseignants se trouvent en présence d’un outil qui n’est pas forcément celui qu’ils ont pu voir en démonstration chez des collègues par exemple… La lourdeur de certains logiciels de pilotage de TBI est égale parfois à leur richesse fonctionnelle. Mais cette richesse fonctionnelle a un prix, une multiplicité des possibilités qui supposent un travail d’apprentissage non négligeable. A moins que ne se produise le cas suivant : l’utilisation du TBI se résume à un pilotage à distance de l’ordinateur et à quelques fonctions de base (enregistrement du tableau) Une manipulation comparative peut être faite : je suis en train d’utiliser un logiciel quelconque sur Internet ou en local et je souhaite récupérer une partie de l’écran dans une page du tableau blanc proposé par le logiciel TBI pour ensuite le réutiliser dans ma présentation de cours. En comparant cette mise en oeuvre dans différents logiciels, on s’aperçoit que cette manipulation spectaculaire… ne se fait pas aussi simplement qu’il y parait dans plusieurs produits. Parfois il faut passer par un enregistrement sur disque, d’une page écran avant modifications, parfois après modifications, parfois ce transfert se fait instantanément sans que l’usager s’en rende compte. Entre les trois modes principaux, pilotage de l’ordinateur, superposition et tableau blanc, les passages ne sont pas aussi évidents que cela. Comparons aussi la palette des outils disponibles dans chacun des logiciels des différents vendeurs (quand le logiciel n’est pas indépendant du matériel comme pour certains d’entre eux) de TBI et on trouvera là aussi une source importante de différences.
Or ce sont les logiciels qui font la différence entre les produits, bien davantage que les matériels, même s’il ne faut pas les négliger. Les usagers et surtout les acheteurs (ce ne sont parfois pas les mêmes) feraient bien de réfléchir à ces points avant d’engager une commande. On peut s’interroger, naïvement, sur les raisons de ces disparités… mais on perçoit aisément les intérêts des uns et des autres à de telles politiques commerciales. Le problème est que l’enseignant qui veut utiliser ce genre d’outil pourrait avoir besoin d’un cadre simple et suffisamment homogène pour aller plus avant dans les produits. A moins que le développement commercial ne préfère s’adresser aux profs branchés… qui vont passer des heures sur le produit pour faire ensuite de brillantes démonstrations… Quant aux démonstrations pédagogiques disponibles en vidéo, elles ne montrent que peu de ces usages avancés et renvoient en réalité à des pratiques simples de l’outil mais dans des choix pédagogiques qui sont parfois plus complexes… L’avenir pourra nous dire ce qu’il adviendra de ces machines et de leurs logiciels. Les projets libres dans le domaine semblent se développer en ce moment. Il est intéressant de les observer car elles pourraient bien mettre à mal ces approches dont on peut penser qu’elles sont peu porteuses d’avenir.
La rumeur (le buzz) organisé autour du TBI a été tellement forte qu’elle a permis toutes les outrances communicationnelles. Il est temps de reprendre la sagesse de l’analyse et une réflexion réellement pédagogique. A lire ces lignes ont peut se poser quelques questions (http://enseignement.educa.ch/fr/synth%C3%A8se) : »  Enfin, il convient de préciser qu’aucune étude expérimentale n’a pu encore démontrer d’effet significatif et durable sur les performances scolaires à long terme des élèves suite à l’introduction de tableaux blancs interactifs dans leur classe. » Malheureusement nombre de décideurs (il en est de même régulièrement avec les nouvelles technologies) cèdent au chant des sirènes. Celui-ci a une caractéristique particulière : il propose un outil numérique que les élèves et les profs ne trouveront au moins pas à la maison ! L’argument est habile. L’école marque ainsi sa différence… mais pour combien de temps… au risque de rapidement retomber dans une forme d’exotisme, ou de spectacularisation médiatique, ans rapport avec les véritables questions posées par le développement des pratiques du numérique dans la société…
A débattre
BD

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  2. […] ne crois donc pas du tout, comme le pense Bruno Devauchelle dans son blog, que "le TBI, c'est le logiciel". Pour moi, dans une très large mesure le TBI, c'est la surface de projection – donc le matériel […]

  3. […] – et même la composante déterminante (voir l’article récent de Bruno Devauchelle « L’intérêt du TBI, c’est le logiciel »). C’est pour moi une impression tout à fait fausse, une illusion car en fait, le TBI, c’est […]

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