Cours, leçon, curriculum, cursus etc… et évaluation

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Aïe aïe…. On entend beaucoup de choses sur les notions de cours, de certification, d’évaluation surtout depuis que de nouvelles formes de formation se développent en particulier du fait des moyens numériques. Mais on oublie que de nombreux mots ont un sens différent selon les contextes, les auteurs, les cultures, les époques… Malheureusement nombre d’exposé ne prennent pas suffisamment soin de préciser  de ce dont ils parlent, entrainant des erreurs de compréhension ou tout au moins des risques de transformation des propos d’un contexte à l’autre.
Le terme « cours » mérite d’être examiné. Quand on dit faire cours, faire/donner un cours, avoir un cours, être en cours,… on ne désigne pas exactement la même chose. Cela peut désigner le fait d’être enseignant dans une salle avec des étudiants rassemblés là dans le but de développer des connaissances et plus éventuellement. Cela peut aussi désigner le fait de faire un exposé magistral devant un groupe. Cela peut aussi désigner un nombre d’heures réparties sur une période données autour d’un thème précis. Cela peut aussi désigner le fait d’élaborer des contenus et un scénario/script pour mettre en oeuvre ce contenu dans un contexte d’enseignement. D’ailleurs ce terme cours est employé surtout dans l’enseignement scolaire et universitaire et beaucoup moins dans le monde de la formation continue. Et nous ne parlons pas de la « leçon », célèbre entre autre par certaines qui inaugurent une carrière (leçon inaugurale au collège de France par exemple) ou qui la termine dans certaines universités.
Le terme évaluation est également sujet à débats. Principalement articulé autour de deux pôles, celui du contrôle et celui de la prise d’information, l’évaluation est un ensemble flou. Et dès lors qu’on parle de certification, de diplôme, d’attestation, de reconnaissance, de validation, le terme évaluation prend une dimension insoupçonnée et surtout variée.
Parler de cursus, de curriculum, de dispositif d’enseignement, de syllabus même, apporte aussi son lot de débats de distinctions de confusions. Les définitions et les limites de chacun de ces termes méritent pourtant qu’on les précise quand on les utilise dans un échange, une communication. Là encore les difficultés arrivent vite lorsque l’on désigne le cursus d’un étudiant (suivre un cursus), le curriculum d’une personne (curriculum vitae) ou d’un système éducatif (programme d’enseignement), le syllabus d’un cours (résumé ou plan d’un cours) etc….
Le développement du numérique bouleverse l’organisation du temps et de l’espace d’apprentissage des étudiants. Mais les repères dont disposent l’institution et ses acteurs sont ceux de la tradition basée sur l’heure de cours en présentiel, en France par exemple. Le fait que ces repères soient mis à mal par le numérique n’enlève pas l’usage des mots comme le montre l’acronyme Mooc.et l’usage partagé du terme anglais course ou courseware. Le premier se traduit par cours (mais lequel), le second par « didacticiel » mais pas pour tout le monde.
En allant rechercher des propos « attestés » sur la question, je me suis aperçu que nombre de « spécialistes » de ces questions oubliaient complètement de préciser ce qu’ils appellent « cours ». Or, dans le même temps le terme de dispositif d’enseignement, de formation, d’apprentissage, numérique, hybride, en présence, à distance ou autre vient apporter un autre regard sur les choses et donc sur ce qui est finalement englobé dans un parcours permettant à quelqu’un d’apprendre quelque chose (pour faire « court »).
Le flou généralisé des termes dans ce domaine révèle plusieurs problèmes qui me semblent assez importants. En premier lieu un usage du vocabulaire peu précis, révélant parfois un oubli des cadres conceptuels. Ensuite une méconnaissance de l’enseignement et de la formation dans sa globalité, ce que je sais c’est ce que je vis. De plus il y a une forte absence de culture, de connaissance pédagogique et d’histoire de l’enseignement. Mais encore il y a une quasi ignorance de la psychologie de l’apprentissage (pas des connaissances de surface) là encore ce que je connais c’est ce que j’ai vécu. Enfin il y a une absence de rigueur intellectuelle voire même des dérives idéologisantes dans l’emploi de termes dont le sens n’appartient qu’à celui qui le prononce….
Le développement du numérique dans le champ de l’éducation fait travailler l’imaginaire depuis longtemps. Mais est-ce une raison pour que chaque nouveauté ou supposée telle autorise de tels manquements aux simples règles du discours et de la communication ? Manifestement, et je ne fais que répéter bien d’autres chercheurs avant moi, l’amnésie pédagogique est monnaie courante. J’ajouterai que le plaisir du discours (sophisme) l’engouement technophile pour les nouveautés (scientisme) et l’envie d’exister (le personnalo-centrisme) ont encore de beaux jours devant eux, même dans les rangs de ceux qui cultivent la rigueur et la méthode scientifique… Or cela devrait commencer dès la maternelle : j’étaye ce que je dis par des exemples et des arguments et je cite mes sources après les avoir vérifiées…
A débattre, si on en a le temps

BD

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