{"id":1424,"date":"2013-08-09T17:00:48","date_gmt":"2013-08-09T17:00:48","guid":{"rendered":"http:\/\/www.brunodevauchelle.com\/blog\/?p=1424"},"modified":"2013-08-09T17:00:48","modified_gmt":"2013-08-09T17:00:48","slug":"algorithme-hyperliens-intention-et-liberte-dusage-quelle-education","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/brunodevauchelle.org\/?p=1424","title":{"rendered":"Algorithme, hyperliens, intention et libert\u00e9 d&#039;usage : quelle \u00e9ducation ?"},"content":{"rendered":"<p>Le num\u00e9ro de la revue R\u00e9seaux n\u00b0177 &#8211; 2013\/1 coordonn\u00e9 par Dominique Cardon qui a pour titre : \u00ab\u00a0Politique des algorithmes, Les m\u00e9triques du web\u00a0\u00bb et publi\u00e9 il y a quelques mois ainsi qu&rsquo;un atelier anim\u00e9 par Alexandra Saemmer, enseignant-chercheur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Paris 8 sur la formation \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture hypertextuelle, sur l&rsquo;interpr\u00e9tation de tels textes, ont apport\u00e9 au cours de cette ann\u00e9e un \u00e9clairage particuli\u00e8rement int\u00e9ressant sur les intentions sous jacentes au web. D&rsquo;une part il s&rsquo;agit des intentions contenues dans les algorithmes et en particulier ceux des moteurs de recherche, d&rsquo;autre part il s&rsquo;agit des intentions contenues (per\u00e7ues ?) dans les liens hypertextes contenus dans un texte mis en ligne, par des m\u00e9dias traditionnels par exemple.<br \/>\nCe qui m\u00e9rite particuli\u00e8rement notre attention rel\u00e8ve de plusieurs questions qui doivent interroger tout \u00e9ducateur qui tend \u00e0 permettre \u00e0 des jeunes ou des adultes d&rsquo;acqu\u00e9rir une certaine \u00ab\u00a0ma\u00eetrise\u00a0\u00bb de ce qu&rsquo;ils ou elles font lorsqu&rsquo;ils ou elles utilisent Internet. La premi\u00e8re question concerne les hyperliens, leur sens et leur r\u00f4le dans la compr\u00e9hension des documents propos\u00e9s en ligne. La deuxi\u00e8me question concerne la pertinence de moteurs de recherche en regard des choix de tri qui sont contenus dans leurs algorithmes. La troisi\u00e8me question concerne l&rsquo;intention des auteurs de pages web aussi bien que celle des concepteurs d&rsquo;algorithmes. La quatri\u00e8me question concerne la libert\u00e9 suppos\u00e9e laiss\u00e9e \u00e0 l&rsquo;usager dans sa navigation sur Internet. La cinqui\u00e8me question concerne la possibilit\u00e9 de \u00ab\u00a0d\u00e9couvrir quelque chose de diff\u00e9rent\u00a0\u00bb de ce que l&rsquo;on connait d\u00e9j\u00e0 dans le contexte d&rsquo;hyper-information (infob\u00e9sit\u00e9 diront certains utilisant un terme \u00e0 la connotation que je r\u00e9prouve).<br \/>\nMettre un lien dans une page web n&rsquo;est jamais neutre. Alexandra Saemmer fait une int\u00e9ressante d\u00e9monstration en demandant \u00e0 ses \u00e9tudiants de nommer le sens du lien contenu du texte en leur faisant exprimer ce vers quoi pointe le lien. D&rsquo;une part les propositions sont vari\u00e9es d&rsquo;autre part la r\u00e9alit\u00e9 que l&rsquo;on confronte ensuite avec les propositions montre souvent un \u00e9cart assez significatif. Autrement dit, mettre un hyperlien repose d&rsquo;une logique d&rsquo;auteur et constitue ce que les chercheurs appellent dans un domaine proche l&rsquo;intertextualit\u00e9, sauf que dans le cas des liens hypertexte, elle est explicitable. Il suffit donc de cliquer pour d\u00e9couvrir au moins une partie de cette intertextualit\u00e9. On peut aussi penser que l&rsquo;absence de lien ne vaut pas absence d&rsquo;intertextualit\u00e9 mais aussi que le document mis en lien fait lui-m\u00eame partie du texte, d\u00e8s lors que l&rsquo;on va consid\u00e9rer l&rsquo;ensemble des documents auxquels j&rsquo;acc\u00e8de comme un \u00ab\u00a0tout\u00a0\u00bb, un \u00ab\u00a0construit\u00a0\u00bb; un \u00ab\u00a0fini\u00a0\u00bb. Cependant \u00e0 partir de certains documents le suivi des liens peut s&rsquo;av\u00e9rer \u00ab\u00a0infini\u00a0\u00bb si l&rsquo;on va au bout de tous les liens seconds, troisi\u00e8mes etc&#8230; Autant mettre une note de bas de page, qui ne soit pas une simple r\u00e9f\u00e9rence est une indication du texte, autant renvoyer \u00e0 un autre auteur peut inclure quasiment le second texte dans le premier. On peut ais\u00e9ment en faire l&rsquo;exp\u00e9rience avec une page wikip\u00e9dia un peu s\u00e9rieuse. Dans la relation entre le lecteur et l&rsquo;auteur, les liens sont une sorte de signal de confrontation, de tension, de n\u00e9gociation de sens. Dans le \u00ab\u00a0roman dont nous sommes le h\u00e9ros\u00a0\u00bb, l&rsquo;univers est fini et donc les liens sont contenus par l&rsquo;auteur dans un espace de libert\u00e9 qu&rsquo;il propose au lecteur. Dans une page Internet, l&rsquo;univers est fini, mais si l&rsquo;auteur souhaite encadrer la lecture il ne peut emp\u00eacher le lecteur \u00ab\u00a0d&rsquo;aller voir ailleurs ce qui se passe, ce qui se dit\u00a0\u00bb. Parfois mettre un lien peut aussi se faire de fa\u00e7on \u00ab\u00a0automatique\u00a0\u00bb. Ainsi dans notre blog, nous utilisons l&rsquo;algorithme YARPP pour associer \u00e0 la lecture d&rsquo;un article la possibilit\u00e9 d&rsquo;aller lire dix autres articles associ\u00e9s selon un algorithme de sens que je peux l\u00e9g\u00e8rement param\u00e9trer. Quand je mets des mots clefs (vieille technique qui devient en partie inefficace) ou des cat\u00e9gories, j&rsquo;oriente le classement des billets, et donc l&rsquo;association des documents entre eux dans le moteur interne de recherche. En d&rsquo;autres termes les liens contenus dans une page web, outre qu&rsquo;ils sont de nature diff\u00e9rente (quand ce n&rsquo;est pas en plus de la publicit\u00e9), mais ils sont aussi de sens tr\u00e8s variable. Reste donc au lecteur la responsabilit\u00e9 de l&rsquo;exploration&#8230;.<br \/>\nAvec l&rsquo;utilisation des moteurs de recherche nous assistons depuis vingt ans \u00e0 une course effr\u00e9n\u00e9e \u00e0 la performance qui se traduit par une somme de plus en plus grande de contreperformances. En fait les concepteurs d&rsquo;algorithmes de moteurs de recherche sont confront\u00e9s \u00e0 un monde mouvant (le web), sur lequel ils n&rsquo;ont quasiment aucune prise et ils sont donc condamn\u00e9s \u00e0 suivre&#8230; Or ils suivent de moins en moins bien, ou, en tout cas d&rsquo;une possibilit\u00e9 large de recherche, ils en viennent \u00e0 restreindre la recherche en faisant tr\u00e8s vite des propositions \u00e0 l&rsquo;usager en utilisant ses recherches pr\u00e9c\u00e9dentes. En d&rsquo;autres termes on analyse l&rsquo;usager pour lui sugg\u00e9rer plus vite ce qu&rsquo;il cherche. Cela repose sur l&rsquo;id\u00e9e que nous allons le plus souvent vers les m\u00eames objets de recherche et non pas vers de nouveaux. Si vous vous identifiez ou pas\u00a0 avant de faire votre recherche, les r\u00e9sultats peuvent \u00eatre tr\u00e8s diff\u00e9rents selon que vous aurez ou non \u00ab\u00a0un pass\u00e9\u00a0\u00bb de recherche.\u00a0 Dominique Cardon expose dans son article sur la Pagerank, dans la revue R\u00e9seaux, de mani\u00e8re particuli\u00e8rement pr\u00e9cise et argument\u00e9e cette mani\u00e8re de faire qu&rsquo;ont les concepteurs de moteurs de recherche, confront\u00e9s \u00e0 des auteurs qui essaient \u00ab\u00a0d&rsquo;arriver en premier\u00a0\u00bb, quitte \u00e0 tricher pour mieux se faire voir. Bas\u00e9 sur l&rsquo;analyse des liens hypertexte, l&rsquo;algorithme de Google s&rsquo;av\u00e8re tr\u00e8s pertinent au d\u00e9but du web, mais tr\u00e8s vite il s&rsquo;est trouv\u00e9 contr\u00e9 par des auteurs de site qui cherchent \u00e0 se faire \u00ab\u00a0r\u00e9f\u00e9rencer\u00a0\u00bb. Ce fameux r\u00e9f\u00e9rencement dont on sait qu&rsquo;il est, dans le commerce et en particulier la grande distribution, apporteur d&rsquo;affaire a migr\u00e9 sur Internet, mais en agissant parfois \u00e0 l&rsquo;insu des moteurs de recherche qui en perdent alors leur efficacit\u00e9. On a pu observer le \u00ab\u00a0d\u00e9r\u00e9f\u00e9rencement\u00a0\u00bb douloureux de certains sites par tel ou tel moteur de recherche qui n&rsquo;en pouvait plus de tels contournements. Cette recherche effr\u00e9n\u00e9e de la popularit\u00e9 ou plut\u00f4t de la visibilit\u00e9 am\u00e8ne \u00e0 des exc\u00e8s que les usagers ont bien du mal \u00e0 rep\u00e9rer, sauf pour les publicit\u00e9s qui ne s&#8217;embarrassent pas trop et qui s&rsquo;imposent parfois violemment \u00e0 l&rsquo;usager&#8230; Chercher de l&rsquo;information sur Internet n&rsquo;est pas seulement affaire de technique, cela devient aussi affaire de strat\u00e9gie, voire de philosophie&#8230;<br \/>\nLes intentions que chacun de nous a sont un moteur essentiel de l&rsquo;action. Il n&rsquo;est donc pas \u00e9tonnant que les concepteurs de technologie tentent de faire passer leur intention dans les objets techniques qu&rsquo;ils inventent. Dans le cas du num\u00e9rique, la science des algorithmes est bien celle qui permet \u00e0 un humain de transf\u00e9rer une intention dans une machine. Cela suppose bien \u00e9videmment que cette intention soit adaptable au format num\u00e9rique. On le voit dans le cas de la reconnaissance vocale ou de caract\u00e8res, l&rsquo;intention de traduction se heurte aux limites techniques. Dans le cas des liens hypertextes les choses sont plus simples sur la forme : mettre un lien c&rsquo;est traduire l&rsquo;intention de faire lien. Mais c&rsquo;est bien pauvre car rien ne qualifie le lien entre les entit\u00e9s reli\u00e9es entre elles. Dominique Cardon montre bien la limite qu&rsquo;impose le fait qu&rsquo;un lien soit \u00ab\u00a0froid\u00a0\u00bb c&rsquo;est \u00e0 dire n&rsquo;a aucune \u00e9paisseur humaine, c&rsquo;est \u00e0 dire une qualit\u00e9. C&rsquo;est pourquoi il explique que les concepteurs des algorithmes des moteurs de recherche ont cherch\u00e9 \u00e0 trouver un peu de qualit\u00e9 : tous les sites, toutes les pages ne se valent pas, mais comment hi\u00e9rarchiser. On le sent bien la traduction num\u00e9rique d&rsquo;une intention humaine a pour cons\u00e9quence une r\u00e9duction notable de cette intention. Entre deux pages les liens qui les relient peuvent \u00eatre de nature tr\u00e8s diff\u00e9rente : exemple, extension, contradiction etc&#8230; Rien n&rsquo;indique, a priori, dans la page d&rsquo;origine la qualit\u00e9 du lien propos\u00e9, sauf si dans le texte cela est explicit\u00e9 par un \u00ab\u00a0comme par exemple sur cette page, suivi de l&rsquo;URL\u00a0\u00bb. De plus rien ne permet de le v\u00e9rifier. En d&rsquo;autres termes les liens compliquent la lecture et la validation de l&rsquo;information contenue et obligent \u00e0 une strat\u00e9gie en amont relativement complexe qui demande du temps et surtout une attitude particuli\u00e8re dans la gestion de l&rsquo;environnement informationnel personnel de chacun de nous.<br \/>\nLe mythe de la libert\u00e9 et celui de la d\u00e9mocratie traversent l&rsquo;imaginaire d&rsquo;Internet depuis ses d\u00e9buts. Si de fait il y a une libert\u00e9 th\u00e9orique, inscrite m\u00eame dans les fondements techniques du web, il y a en r\u00e9alit\u00e9 une libert\u00e9 \u00ab\u00a0orient\u00e9e\u00a0\u00bb. Ce qui est caract\u00e9ristique, symbolique de la libert\u00e9, c&rsquo;est la possibilit\u00e9 pour chacun de s&rsquo;exprimer et donc la libert\u00e9 de s&rsquo;exprimer. Mais est-ce parce que l&rsquo;on s&rsquo;exprime que l&rsquo;on est lu ? Cette libert\u00e9 de s&rsquo;exprimer est-elle enrichie par la possibilit\u00e9 de l&rsquo;anonymat comme me le r\u00e9torquait il y a plusieurs ann\u00e9es un journaliste de T\u00e9l\u00e9rama \u00e0 propos des forums qui autorisaient l&rsquo;anonymat ? En fait nombreux sont ceux qui luttent contre cette libert\u00e9 en cherchant \u00e0 orienter les lectures que nous pouvons faire. M\u00eame limit\u00e9e on nous dira que cette libert\u00e9 existe. Outre que l&rsquo;on sait bien maintenant que certaines institutions s&rsquo;autorisent \u00e0 limiter cette libert\u00e9, on sait aussi que cette libert\u00e9 quand elle est accord\u00e9e est en fait la base d&rsquo;une surveillance qui elle m\u00eame pourrait permettre de \u00ab\u00a0contr\u00f4ler\u00a0\u00bb cette libert\u00e9. Entre surveillance\/contr\u00f4le, filtrage et orientation, la libert\u00e9 de l&rsquo;utilisateur est bien plus restreinte qu&rsquo;on ne le pense. L&rsquo;orientation de l&rsquo;usager \u00e0 partir de l&rsquo;analyse de son profil est la pratique la plus r\u00e9pandue actuellement et elle re\u00e7oit souvent l&rsquo;assentiment positif du lecteur qui se voit confort\u00e9 dans ce qu&rsquo;il est par l&rsquo;image en miroir que ces outils proposent (cf. les conseils de lecture ou d&rsquo;achat de sites comme Amazon ou la Fnac. Apprendre \u00e0 des jeunes la place de la libert\u00e9 sur la toile et plus g\u00e9n\u00e9ralement dans l&rsquo;usage des technologies et plus largement de la technique est un vrai d\u00e9fi, voire une impossibilit\u00e9. La complication extr\u00eame des techniques entre elles et \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur d&rsquo;elles-m\u00eames est devenue telle que l&rsquo;usager risque fort une forme de d\u00e9pendance \u00e0 son insu. Rappelons que pendant longtemps les postes de t\u00e9l\u00e9vision s&rsquo;allumaient par d\u00e9faut sur la premi\u00e8re cha\u00eene. Par la suite ils s&rsquo;allumaient sur la derni\u00e8re chaine vue (renfor\u00e7ant l&rsquo;habituation).<br \/>\nDevant de telles contraintes, est-il encore possible de trouver de l&rsquo;inattendu dans nos usages du web ? Oui, mais cela d\u00e9pend de la vari\u00e9t\u00e9 des chemins que nous utilisons. La centralit\u00e9 de notre rapport au web a longtemps \u00e9t\u00e9 la messagerie \u00e9lectronique. Petit \u00e0 petit cela se d\u00e9place vers les r\u00e9seaux sociaux d&rsquo;une part et vers les environnements num\u00e9riques professionnels propos\u00e9s par les lieux de travail (ENT en milieu scolaire). Ces environnements ont comme caract\u00e9ristique de contraindre l&rsquo;utilisateur \u00e0 utiliser un monde fini et prescrit. Les DSI sont amen\u00e9s, sous diverses formes, \u00e0 faire respecter ces choix. Dans le monde scolaire les interdictions de certains sites ont cet objectif. Autrement dit, comme le montre Bernard Collot dans son livre \u00ab\u00a0la p\u00e9dagogie de la mouche\u00a0\u00bb (\u00e9ditions Instant Pr\u00e9sent 2013), tout dans l&rsquo;\u00e9cole doit \u00eatre scolaire : avec le num\u00e9rique, les ENT semblent n&rsquo;avoir d&rsquo;autre but. Du coup l&rsquo;inattendu ne risque pas de faire surface dans l&rsquo;\u00e9cole. Fort heureusement les smartphone et les liaisons 3G vont donner du fil \u00e0 retordre aux contr\u00f4leurs de toutes origines. Est-ce pour autant que les jeunes pourront trouver de l&rsquo;inattendu ? Pour l&rsquo;instant les pratiques personnelles des jeunes (et des adultes) vont plut\u00f4t vers la confortation des choses connues et parfois leur enrichissement, plut\u00f4t vers le repli communautaire que l&rsquo;ouverture aux autres. Le risque de l&rsquo;inattendu est surtout m\u00e9diatis\u00e9 par les \u00ab\u00a0mauvaises surprises\u00a0\u00bb comme celle tr\u00e8s m\u00e9diatis\u00e9e en ce moment d&rsquo;un site bas\u00e9 en Lettonie qui est \u00e0 l&rsquo;origine d&rsquo;\u00e9changes anonymes qui ont pouss\u00e9 des jeunes \u00e0 des drames (je ne le cite pas pour ne pas augmenter sa popularit\u00e9 interne). Or l&rsquo;inattendu, c&rsquo;est aussi la bonne surprise, l&rsquo;ouverture vers un monde diff\u00e9rent, vers des fa\u00e7ons de voir autres, bref vers les possibilit\u00e9s d&rsquo;\u00e9change, de partage et de m\u00e9tissage. L&rsquo;histoire des peuples humains, les ethnologues l&rsquo;ont montr\u00e9, est faite de ce mouvement entre repli communautaire, et \u00e9changes mais aussi conflit avec les autres que l&rsquo;on d\u00e9couvre. Ce n&rsquo;est pas simple de sortir de son cocon communautaire pour affronter le non connu. Dans l&rsquo;apprentissage il en est de m\u00eame. De nombreux travaux ont montr\u00e9 combien les pr\u00e9-repr\u00e9sentations du savoir (BM Barth, A Giordan, etc&#8230; et plus r\u00e9cemment E Ander) sont un obstacle \u00e0 prendre en compte dans l&rsquo;apprentissage de savoirs nouveaux ou \u00e9trangers. La structuration actuelle du web ne favorise pas plus qu&rsquo;avant son arriv\u00e9e l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;inattendu, par contre il rend notoirement possible l&rsquo;exploration de territoires inconnus qui jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent \u00e9taient inaccessible (allez \u00e9couter les conf\u00e9rences du coll\u00e8ge de France en vid\u00e9o et vous comprendrez l&rsquo;\u00e9tendue de ces territoires).<br \/>\nEduquer dans un contexte d&rsquo;omnipr\u00e9sence du web est une t\u00e2che qui se complexifie. Le d\u00e9placement des sources d&rsquo;information et de leur support technique d&rsquo;un espace local et contr\u00f4lable \u00e0 un espace global aux multiples contr\u00f4les explicites ou non, de m\u00eame que l&rsquo;\u00e9clatement de l&rsquo;espace temps de la communication interpersonnelle rendent les contextes d&rsquo;apprentissage beaucoup plus ouverts. Autrement dit, parler de l&rsquo;espace d&rsquo;apprentissage comme un espace ferm\u00e9 et contr\u00f4l\u00e9 est de plus en plus une illusion. Certes on peut tenter de garder cela sous contr\u00f4le mais c&rsquo;est nier le potentiel du sujet qui apprend, du r\u00f4le structurant de l&rsquo;adulte et des pairs, et surtout s&rsquo;interdire une p\u00e9dagogie de l&rsquo;inattendu. Si finalement Internet \u00e0 un int\u00e9r\u00eat, c&rsquo;est bien celui-l\u00e0 autoriser l&rsquo;inattendu&#8230; Encore faut-il savoir en profiter&#8230;<br \/>\nA suivre et \u00e0 d\u00e9battre<br \/>\nBD<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le num\u00e9ro de la revue R\u00e9seaux n\u00b0177 &#8211; 2013\/1 coordonn\u00e9 par Dominique Cardon qui a pour titre : \u00ab\u00a0Politique des algorithmes, Les m\u00e9triques du web\u00a0\u00bb et publi\u00e9 il y a quelques mois ainsi qu&rsquo;un atelier anim\u00e9 par Alexandra Saemmer, enseignant-chercheur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Paris 8 sur la formation \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture hypertextuelle, sur l&rsquo;interpr\u00e9tation de tels textes, &hellip; <\/p>\n<p><a class=\"more-link btn\" href=\"https:\/\/brunodevauchelle.org\/?p=1424\">Lire la suite<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"amp_status":"","_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_feature_clip_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[2,4,9,15,23,24],"tags":[257,268,423,489,696,1042,1063,1065,1118,1238,1762],"class_list":["post-1424","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-apprentissage","category-culture","category-general","category-medias","category-societe","category-tice","tag-adultes","tag-algorithme","tag-choix","tag-concepteurs","tag-education","tag-intention","tag-internet","tag-intertextualite","tag-liberte","tag-moteur-de-recherche","tag-usager"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_likes_enabled":true,"jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/brunodevauchelle.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1424","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/brunodevauchelle.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/brunodevauchelle.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/brunodevauchelle.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/brunodevauchelle.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1424"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/brunodevauchelle.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1424\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/brunodevauchelle.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1424"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/brunodevauchelle.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1424"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/brunodevauchelle.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1424"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}