{"id":2883,"date":"2019-04-04T15:11:58","date_gmt":"2019-04-04T15:11:58","guid":{"rendered":"http:\/\/www.brunodevauchelle.com\/blog\/?p=2883"},"modified":"2019-04-04T15:11:58","modified_gmt":"2019-04-04T15:11:58","slug":"les-questions-de-1981-peuvent-se-reposer-aujourdhui-sur-le-numerique-en-education","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/brunodevauchelle.org\/?p=2883","title":{"rendered":"Les questions de 1981 peuvent se reposer aujourd&#039;hui&#8230;. sur le num\u00e9rique en \u00e9ducation"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.brunodevauchelle.com\/blog\/?attachment_id=2882\" rel=\"attachment wp-att-2882\">JACQUES ELLUL Education 2000 1981<\/a><br \/>\nCe document que vous pouvez t\u00e9l\u00e9charger est aussi ci-dessous.<br \/>\nEn 1981, Jacques Ellul est interrog\u00e9 dans une revue de l&rsquo;Institut Sup\u00e9rieur de P\u00e9dagogie de Paris sur le lien entre enseignement et informatique. Son analyse, bien que dat\u00e9e, m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre relue, ligne \u00e0 ligne et mise en perspective avec ce que l&rsquo;on vit aujourd&rsquo;hui. Malheureusement, les questionnements qu&rsquo;il a soulev\u00e9 en son temps n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 entendu suffisamment, et encore aujourd&rsquo;hui je vous invite \u00e0 le lire \u00ab\u00a0pr\u00e9cis\u00e9ment et jusqu&rsquo;au bout&#8230; car s&rsquo;il ne fait pas 100 pages, il ne fait pas non plus 288 caract\u00e8res&#8230;.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nJacques Ellul, Professeur de droit \u00e0 1 \u2019Universit\u00e9 de Bordeaux], est l\u2019auteur de nombreux ouvrages sur des questions aussi diff\u00e9rentes que la technique, l\u2019information, la propagande, l\u2019\u00e9thique, la foi. Les deux plus r\u00e9cents sont, rappelons-le : La Foi au prix du doute (Hachette) et La Parole Humili\u00e9e (Seuil). Ses r\u00e9centes prises de position sur l\u2019\u00e9volution de l\u2019enseignement sup\u00e9rieur ont \u00e9t\u00e9 remarqu\u00e9es. Sa r\u00e9putation ne cesse de cro\u00eetre \u00e0 l\u2019\u00e9tranger o\u00f9 il est reconnu comme une des voix libres en France. Il aborde ici le r\u00f4le fondamental de l\u2019enseignant.<br \/>\n<strong>Education2000 N\u00b019, Informatique au pr\u00e9sent, ISP, Paris, 1981<\/strong><br \/>\n<strong>Informatique et Enseignement<\/strong><br \/>\nCe th\u00e8me est d\u2019autant plus important que le gouvernement a d\u00e9cid\u00e9 de faire p\u00e9n\u00e9trer l\u2019informatique dans les coll\u00e8ges et lyc\u00e9es. Nous sommes en pr\u00e9sence d\u2019une volont\u00e9 d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e, \u00e0 l\u2019\u00e9gard de laquelle, il me semble, 1e corps enseignant a nettement \u00e0 prendre parti. Mais il faut d\u2019abord essayer d\u2019\u00e9clairer le probl\u00e8me. Ce qui n\u2019est pas simple. Il faut \u00e9videmment s\u00e9parer l\u2019enseignement de l\u2019informatique d\u2019avec l\u2019enseignement o\u00f9 l\u2019ordinateur est int\u00e9gr\u00e9 comme appareil d\u2019enseignement. Pour le premier point, il ne soul\u00e8ve pas de grandes difficult\u00e9s \u00e0 premi\u00e8re vue : du moment que les \u00e9l\u00e8ves seront appel\u00e9s, dans tous les m\u00e9tiers qu\u2019ils exerceront, \u00e0 utiliser l\u2019informatique, il vaut mieux qu\u2019ils soient au courant de l\u2019utilisation des ordinateurs, de la programmation et qu\u2019ils puissent s\u2019int\u00e9grer dans le \u00ab logiciel \u00bb. Soit. Je n\u2019insisterai pas l\u00e0-dessus, je me bornerai \u00e0 faire deux remarques.<br \/>\nTout d\u2019abord, s\u2019il fallait pr\u00e9parer les \u00e9l\u00e8ves \u00e0 l\u2019usage de tous les engins, pourquoi la conduite automobile ou la dactylographie ne seraient-elles pas, aussi, enseign\u00e9es dans les coll\u00e8ges ?<br \/>\nLa seconde est plus s\u00e9rieuse : la d\u00e9cision est prise en fonction d\u2019une certaine conception de la soci\u00e9t\u00e9, de l\u2019\u00e9volution : \u00ab C\u2019est la fatalit\u00e9, 1e destin. On n\u2019arr\u00eate pas le progr\u00e8s. \u00bb Maintenant que l\u2019on a commenc\u00e9 \u00e0 informatiser, bien entendu, il y aura de plus en plus d\u2019ordinateurs partout, de robots, d\u2019engins de bureautique, de t\u00e9l\u00e9tex, etc, etc. c\u2019est fatal. Donc il faut pr\u00e9parer les enfants \u00e0 entrer dans cet univers informatis\u00e9. Or, ce n\u2019est pas tout \u00e0 fait \u00e9vident. Mais surtout, il faut \u00eatre tr\u00e8s au clair Sur le fait que personne au monde n\u2019est actuellement capable de dire quels seront les effets de cette informatisation. Les experts les plus comp\u00e9tents sont tous en contradiction sur tout. Non pas sur la technique des appareils eux-m\u00eames, bien s\u00fbr, mais sur les effets psychologiques, sociologiques, \u00e9conomiques, politiques, de cette informatisation. Nous sommes dans une ignorance totale. Pour les uns, il est \u00e9vident que l\u2019informatique va accro\u00eetre le ch\u00f4mage, mais d\u2019autres d\u00e9montrent que l\u2019informatique est cr\u00e9atrice d\u2019emplois. Pour les uns, il est \u00e9vident que l\u2019informatique est l\u2019instrument par excellence de la concentration des pouvoirs, de la centralisation et du contr\u00f4le socio-politique, mais les autres tiennent pour non moins \u00e9vident que l\u2019informatique est cr\u00e9atrice de d\u00e9centralisation, d\u2019autonomie des petites unit\u00e9s, de lib\u00e9ration. Pour les uns il est \u00e9vident que l\u2019informatique restitue le pouvoir \u00e0 la base et fournit de l\u2019autonomie de choix, de d\u00e9cision, et qu\u2019elle est cr\u00e9atrice de relations conviviales multiples. Pour les autres, qu\u2019elle supprime toute possibilit\u00e9 d\u2019intervention, de choix, et qu\u2019elle substitue \u00e0 des relations personnelles des relations anonymes. Or chacun a des arguments d\u00e9cisifs Et je pourrais multiplier les exemples. Autrement dit, c\u2019est un domaine o\u00f9 nous ne savons rien.<br \/>\nEt il ne faut surtout pas dire que l\u2019informatique est un outil neutre qui sera ce que nous voulons ! En r\u00e9alit\u00e9, l\u2019informatique entre dans une soci\u00e9t\u00e9 d\u2019un type donn\u00e9 : \u00e9litiste, centralis\u00e9e, concentr\u00e9e. O\u00f9 seraient les forces capables d\u2019aller \u00e0 l\u2019encontre ? Il ne faut pas imaginer que l\u2019informatique va produire un changement du courant social par elle-m\u00eame. Il para\u00eet vraisemblable qu\u2019elle entra\u00eenera d\u2019une part une croissance de l\u2019atomisation sociale et en m\u00eame temps une centralisation croissante. Le moins que l\u2019on puisse dire, c\u2019est qu\u2019il para\u00eet dangereux de pr\u00e9parer les enfants \u00e0 entrer dans une soci\u00e9t\u00e9 informatis\u00e9e dont on n\u2019a pas la plus petite id\u00e9e de ce qu\u2019elle peut \u00eatre et de les y adapter d\u2019avance. Autrement dit, l\u2019enseignement de l\u2019informatique n\u2019est pas tout \u00e0 fait identique \u00e0 l\u2019enseignement de toutes les autres mati\u00e8res du programme, ou bien, pour ceux qui s\u2019accordent avec les th\u00e8ses de BOURDIEU et PASSERON, c\u2019est une mati\u00e8re d\u2019enseignement qui porte \u00e0 la puissance n les orientations qu\u2019ils avaient d\u00e9tect\u00e9es.<br \/>\nMais notre propos ici n\u2019est pas tellement de penser l\u2019informatique en tant que mati\u00e8re \u00e0 enseigner, c\u2019est l\u2019autre aspect qui doit nous retenir, l\u2019informatique participant \u00e0 l\u2019enseignement, l\u2019ordinateur, aide ou substitut du professeur. Et il semble que nous soyons en pr\u00e9sence alors de deux ordres de questions. L\u2019ordinateur peut-il se substituer \u00e0 l\u2019enseignant ? Celui-ci, par ailleurs, peut-il accepter d\u2019\u00eatre un acteur suppl\u00e9mentaire d\u2019int\u00e9gration sociale par la diffusion et l\u2019accoutumance \u00e0 l\u2019informatique ?<br \/>\nOn a eu quelques illusions il y a une dizaine d\u2019ann\u00e9es quant aux possibilit\u00e9s p\u00e9dagogiques de l\u2019ordinateur. Aux deux extr\u00eames on vous repr\u00e9sentait, soit un enseignement distribu\u00e9 par un ordinateur central, relay\u00e9 dans chaque classe de tout un pays, et l\u2019enseignement s\u2019effectuant par le complexe \u00ab Ordinateur-T\u00e9l\u00e9vision-T\u00e9l\u00e9phone \u00bb. Un ordinateur \u00e0 lui seul, convenablement programm\u00e9, pouvait distribuer pour tout un pays un m\u00eame enseignement d\u2019une certaine mati\u00e8re, \u00e0 un certain niveau. L\u2019autre extr\u00eame : l\u2019ordinateur r\u00e9p\u00e9titeur p\u00e9dagogue individualis\u00e9. D\u2019une patience inlassable et capable de conduire m\u00e9thodiquement chaque \u00e9l\u00e8ve au point de compr\u00e9hension ou d\u2019ex\u00e9cution satisfaisant. L\u2019ordinateur fera, sans impatience, r\u00e9p\u00e9ter la phrase d\u2019anglais par l\u2019\u00e9l\u00e8ve jusqu\u2019\u00e0 ce que celui-ci l\u2019ait formul\u00e9e sans faute grammaticale et avec un accent parfait. Des deux c\u00f4t\u00e9s c\u2019est absurde. Les probl\u00e8mes sont malheureusement plus complexes. Admettons d\u2019abord que s\u2019il s\u2019agit d\u2019une transmission de connaissances, l\u2019ordinateur peut \u00eatre programm\u00e9 pour ce travail parfaitement bien. Il saura tout, il n\u2019oubliera rien, il communiquera les connaissances mat\u00e9rielles, formelles, sans lacune, et il r\u00e9p\u00e9tera autant de fois que cela est n\u00e9cessaire. S\u2019il s\u2019agit de corrections de devoirs, l\u2019ordinateur peut \u00e9videmment corriger des \u00e9preuves, dire si la solution du probl\u00e8me est exacte ou non, en math\u00e9matique, physique, etc. et m\u00eame d\u00e9tecter o\u00f9 a eu lieu l\u2019erreur de raisonnement. De m\u00eame, il peut corriger les fautes d\u2019orthographe ou, s\u2019il a \u00e9t\u00e9 programm\u00e9 de fa\u00e7on particuli\u00e8rement sophistiqu\u00e9e\u00a0\u00bb, corriger des th\u00e8mes et des versions. Ceci \u00e9tant d\u00e9j\u00e0 beaucoup plus contest\u00e9 par les sp\u00e9cialistes. En r\u00e9alit\u00e9, on n\u2019a pas encore d\u2019ordinateur qui soit une machine \u00e0 traduire de fa\u00e7on satisfaisante. Enfin dans le domaine du contr\u00f4le des connaissances, l\u2019ordinateur peut toujours fonctionner tant qu\u2019il s\u2019agit de r\u00e9ponse par \u00ab vrai ou faux\u00a0\u00bb. Il ne peut gu\u00e8re aller au-del\u00e0. C\u2019est-\u00e0-dire que, pour prendre deux exemples dans ce domaine des corrections, d\u2019une part l\u2019ordinateur restera totalement incapable d\u2019appr\u00e9cier la qualit\u00e9 du style d\u2019une composition fran\u00e7aise (il ne pourra jamais qu\u2019appr\u00e9cier la conformit\u00e9 du style \u00e0 celui que le programmateur a estim\u00e9 \u00eatre le bon), encore moins les inventions stylistiques ; d\u2019autre part il restera totalement incapable d\u2019\u00e9valuer une nouvelle interpr\u00e9tation des faits historiques ou des opinions philosophiques. L\u2019ordinateur ne pourra jamais corriger des copies sur les \u00ab origines du capitalisme \u00bb par exemple, ou sur la relation de Kant et de Hegel&#8230;<br \/>\nMais venons-en au plus s\u00e9rieux : la formule qui s\u2019est r\u00e9pandue partout ces derniers mois \u00e9tait que \u00ab les Machines \u00e0 enseigner rendront caduque l\u2019\u00e9ducation nationale enferm\u00e9e dans les murs de l\u2019\u00c9cole \u00bb. Je pr\u00e9tends pour ma part que c\u2019est une \u00e9norme sottise. Et ceci \u00e0 deux niveaux. Transmettre des connaissances par des moyens plus efficaces, c\u2019est le m\u00eame probl\u00e8me que la T\u00e9l\u00e9vision. Il est absurde de dire que la TV est la grande concurrente de l\u2019\u00e9cole, ou plut\u00f4t ceci d\u00e9note la d\u00e9mission des enseignants. La TV transmet quoi ? Un amas informe de connaissances, vous Verrez de fa\u00e7on passionnante un reportage sur les phoques, des films sur les animaux sauvages, une information de vulcanologie, des explications (sommaires) sur tel ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e9conomique, une pi\u00e8ce de Shakespeare Ou de Sophocle&#8230; (pour les meilleures \u00e9missions !) et j\u2019entends bien que tout cela est fort int\u00e9ressant, mais cela ne constitue ni une culture, ni une pens\u00e9e. Pour comprendre et utiliser correctement ces informations, ces manifestations, il faut d\u00e9j\u00e0 avoir un cadre culturel dans lequel chacune de ces pi\u00e8ces viendra se situer. Il faut avoir un outil intellectuel qui permette d\u2019analyser, de d\u00e9crypter les significations, de proc\u00e9der \u00e0 des comparaisons, etc. Autrement dit : la TV peut servir de compl\u00e9ment \u00e0 une formation intellectuelle et culturelle, sinon elle donne un magma de connaissances absurdes, elle produit une parfaite incoh\u00e9rence mentale et de la confusion.<br \/>\nUne culture ce n\u2019est pas une accumulation d\u2019informations, mais une organisation capable d\u2019assimiler et de mettre en place ces informations. Une intelligence n\u2019est pas un outil capable de r\u00e9pondre aux questions du Quitte ou double, mais une capacit\u00e9 de critique, d\u2019analyse et de synth\u00e8se, que ni la TV ni aucun ordinateur ne permettront de d\u00e9velopper. Autrement dit, l\u2019ordinateur comme assistant d\u2019un professeur pour la r\u00e9p\u00e9tition des connaissances, pour l\u2019illustration ou pour la totalisation : oui. Mais il reste parfaitement inerte pour la formation de cette intelligence ou de cette culture. Il peut m\u00eame devenir un obstacle important. En effet, jusqu\u2019ici l\u2019intelligence a toujours fonctionn\u00e9 \u00e0 partir des donn\u00e9es concr\u00e8tes (seule l\u2019alg\u00e8bre ou la math\u00e9matique moderne y \u00e9chappait). On pensait sur des faits rencontr\u00e9s, sur des exp\u00e9riences effectives, Il y avait un rapport entre la vie et la pens\u00e9e. On critiquait, \u00e0 juste titre, les programmes qui faisaient apprendre du Racine \u00e0 des enfants de treize-quatorze ans qui ne pouvaient gu\u00e8re entrer dans ces finesses psychologiques. Avec l\u2019ordinateur, on passe \u00e0 un autre type de pens\u00e9e, il y a modification du mode m\u00eame, non seulement de raisonnement, mais de pens\u00e9e : on va travailler sur des informations qui seront toujours abstraites. Pr\u00e9cis\u00e9ment parce qu\u2019elles sont totales et globales. Elles ne se r\u00e9f\u00e8rent plus \u00e0 rien d\u2019exp\u00e9rimental v\u00e9cu. Je ne peux ici d\u00e9velopper cette indication.<br \/>\nMais nous voyons d\u00e9j\u00e0 par ce que nous disions plus haut, appara\u00eetre, non pas une modification du r\u00f4le des professeurs, mais je dirai le retour \u00e0 l\u2019essentiel. Et c\u2019est assur\u00e9ment une des qualit\u00e9s importantes de l\u2019informatique de nous mettre au pied du mur pour savoir si nous sommes capables d\u2019assumer notre r\u00f4le humain. Ici, en particulier, est-ce que le professeur va cesser d\u2019\u00eatre un diffuseur de connaissances pour devenir (ce qu\u2019il doit \u00eatre !) un formateur d\u2019intelligence et un initiateur de culture \u00a0\u00bb Et ici l\u2019informatique ne peut en rien le remplacer. Mais il devra se battre pour surpasser la logique informatique et la fascination de l\u2019appareil miraculeux\u00a0!<br \/>\nEt voici un second domaine o\u00f9 l\u2019enseignant-personne \u00bb me parait indispensable, irrempla\u00e7able dans l\u2019enseignement, un domaine o\u00f9 l\u2019ordinateur ne peut entrer, une qualit\u00e9 irr\u00e9ductible \u00e0 l\u2019informatique. Le professeur n\u2019est pas, ne peut pas \u00eatre seulement un transmetteur d\u2019information ; qu\u2019il le veuille et le sache ou non, il est immanquablement pour les \u00e9l\u00e8ves une pr\u00e9sence vivante, un adulte, qui va \u00eatre soit un mod\u00e8le d\u2019identification, soit un vis-\u00e0-vis de r\u00e9pulsion. L\u2019\u00e9l\u00e8ve in\u00e9vitablement se forme par rapport \u00e0 Ia personnalit\u00e9 du professeur. Il peut l\u2019admirer, le m\u00e9priser, le ha\u00efr, le redouter, l\u2019aimer, le rapport humain est ins\u00e9parable de \u00ab l\u2019instruction \u00bb. Il y a en m\u00eame temps apport intellectuel et \u00ab in-struction &gt;&gt;, c\u2019est-\u00e0-dire construction \u00e0 la fois d\u2019une connaissance, d\u2019une culture et d\u2019une personnalit\u00e9. La relation humaine est indispensable \u00e0 la formation intellectuelle. Aucun ordinateur ne transmettra en fait aucune formation intellectuelle (sinon des capacit\u00e9s abstraites de raisonner juste) parce qu\u2019il n\u2019est qu\u2019un m\u00e9canisme et ne pr\u00e9sente qu\u2019une voix de robot et un \u00e9cran glac\u00e9 de t\u00e9l\u00e9viseur. Or, dans la mesure o\u00f9 l\u2019\u00e9cole reste le lieu principal pour les enfants (depuis la r\u00e9duction du temps pass\u00e9 dans la famille, du r\u00f4le de la famille, depuis aussi le d\u00e9veloppement du travail des m\u00e8res de famille), il faut, il est indispensable que l\u2019enfant ait une relation humaine \u00e0 l\u2019\u00e9cole avec des adultes. Le professeur doit (devait d\u00e9j\u00e0, et il y manquait parfois, mais doit absolument, encore plus maintenant !) \u00eatre un \u00ab mod\u00e8le de vie \u00bb dont l\u2019enfant a besoin. Or, ceci comporte deux aspects \u00e9galement indispensables. Tout d\u2019abord nous savons de mieux en mieux, depuis BUBER, que la personnalit\u00e9 ne se forme et ne se d\u00e9veloppe que dans la relation \u00e0 une autre personne. C\u2019est parce que je suis quelqu\u2019un qui existe pour l\u2019autre que j\u2019apprends \u00e0 exister en moi-m\u00eame. La fameuse relation du Je et du Tu. Je suis parce que Tu es l\u00e0. Je suis appel\u00e9 \u00ab Tu \u00bb par l\u2019autre, et par l\u00e0 je deviens ce que je suis. Or, cette relation me para\u00eet fondamentale dans la p\u00e9dagogie, dans la relation Ma\u00eetre-\u00c9l\u00e8ve. Et peut-\u00eatre s\u2019il y a eu des r\u00e9actions dures et n\u00e9gatives de la part des \u00e9l\u00e8ves, c\u2019est aussi parce qu\u2019ils se sont trouv\u00e9s en pr\u00e9sence de Professeurs qui \u00e9taient sans doute de bons techniciens pour leur faire apprendre des choses, mais pas exactement le vis-\u00e0-vis qui permette \u00e0 l\u2019\u00e9l\u00e8ve de devenir un \u00ab Je \u00bb.<br \/>\nEt l\u2019autre aspect est compl\u00e9mentaire, il s\u2019agit encore de la formation de la personnalit\u00e9 : l\u00e0 aussi la psychologie a \u00e9volu\u00e9, on reconna\u00eet maintenant que celle-ci appara\u00eet toujours dans un affrontement \u00e0 un obstacle, \u00e0 une discipline, \u00e0 un interdit. Bien entendu, il ne faut pas que l\u2019autorit\u00e9, la contrainte, soient telles qu\u2019elles \u00e9crasent celui qui en est l\u2019objet. Il faut une discipline, une \u00ab loi\u00a0\u00bb, mais qui soient telles que l\u2019enfant qui entre en conflit avec ce pouvoir d\u00e9veloppe ses propres forces, soit capable d\u2019un d\u00e9passement. Il faut que la transgression soit toujours possible. La r\u00e9action d\u2019une p\u00e9dagogie non directive contre l\u2019autoritarisme et la rigueur absolue a conduit \u00e0 une sottise, l\u2019abandon de toute autorit\u00e9. Autrement dit, tout doit se jouer dans une relation humaine souple o\u00f9 celui qui est investi d\u2018autorit\u00e9 la manifeste \u00e0 un niveau tol\u00e9rable et de fa\u00e7on telle qu\u2018elle puisse \u00eatre un facteur de d\u00e9veloppement de l\u2019autonomie de la personne de l\u2019\u00e9l\u00e8ve et non pas une \u00ab mise au pas \u00bb et une conformisation. Or. il est \u00e9vident que dans tous ces domaines, l\u2019ordinateur ne peut strictement rien ! Il ne sert \u00e0 rien. Il n\u2019existe pas. Mais la conjugaison : ordinateur-professeur, conduit \u00e0 magnifier le r\u00f4le du professeur, agent de culture d\u2019une part et de formation de personnalit\u00e9 de l\u2019\u00e9l\u00e8ve d\u2019autre part. Il est maintenant dans cette fonction l\u2019agent d\u00e9cisif de ce que va devenir la g\u00e9n\u00e9ration qui vient, bien plus important que la TV ou l\u2019ordinateur. Mais il est \u00e9vident que, ou bien il acceptera cette mission, ou bien il sera remplac\u00e9 par la machine.<br \/>\nOr une autre inqui\u00e9tude s\u2019est faite jour. L\u2019ordinateur est \u00e9videmment un instrument d\u2019int\u00e9gration et de contr\u00f4le social. Nous n\u2019allons pas ici discuter de centralisation ou d\u00e9centralisation, la question est controvers\u00e9e et \u00ab ind\u00e9cidable \u00bb pour le moment, malgr\u00e9, \u00e0 mon avis, une tr\u00e8s forte probabilit\u00e9 en faveur de l\u2019 hypercentralisation. Mais de toute fa\u00e7on avec l\u2019enregistrement des donn\u00e9es, l\u2019inter-connexion des fichiers, la rapidit\u00e9 de transmission des informations, on est oblig\u00e9 d\u2019admettre que le contr\u00f4le social s\u2019exercera in\u00e9vitablement et de fa\u00e7on de plus en plus lourde et, en m\u00eame temps, dans la mesure o\u00f9 l\u2019individu est de plus en plus accoutum\u00e9, adapt\u00e9, familier \u00e0 l\u2019\u00e9gard des syst\u00e8mes informatis\u00e9s, il tend \u00e0 r\u00e9agir de moins en moins contre une telle possibilit\u00e9. Le gadget \u00e9lectronique n\u2019est pas innocent. Il nous conduit \u00e0 consid\u00e9rer comme tout-\u00e0-fait simple et normal le d\u00e9veloppement des banques de donn\u00e9es et des fichiers de contr\u00f4le. D\u00e8s lors, l\u2019entr\u00e9e de l\u2019ordinateur \u00e0 l\u2019\u00e9cole para\u00eet exactement du m\u00eame ordre, et pr\u00e9sente les m\u00eames dangers : adaptation de l\u2019enfant \u00e0 cet appareil, reconnaissance que tout ce que fait l\u2019ordinateur est \u00e0 la fois compr\u00e9hensible, utile, efficace et m\u00eame indispensable, d\u00e8s lors acclimatation \u00e0 toutes les applications de ce qui est non pas un appareil, mais un \u00e9norme r\u00e9seau. Bien entendu, cette crainte est tout-\u00e0-fait l\u00e9gitime.<br \/>\nMais j\u2019avancerai alors dans une voie qui est p\u00e9rilleuse, car elle conduit \u00e0 prendre des orientations inverses des intentions de nos gouvernements quand ils veulent informatiser l\u2019\u00e9cole. Si nous consid\u00e9rons qu\u2019il s\u2019agit d\u2019\u00e9lever des hommes et non pas de fabriquer des techniciens, si nous pensons d\u2019autre part que l\u2019informatique pr\u00e9sente, dans la diversit\u00e9 incontr\u00f4lable de ses applications, des dangers extr\u00eames, j\u2019aurai tendance \u00e0 consid\u00e9rer alors cet ordinateur en tant qu\u2019ennemi. Je pr\u00e9cise bien : je ne dis pas qu\u2019il le soit. Mais il a la potentialit\u00e9 de l\u2019\u00eatre, et nous n\u2019avons aucune garantie qu\u2019il ne le soit pas. Or, \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019un ennemi totalement invisible et inconnu, nous n\u2019avons aucune arme, aucune possibilit\u00e9 de nous prot\u00e9ger, et de nous d\u00e9fendre. Tant que la m\u00e9decine ignorait les microbes, elle ne pouvait pas d\u00e9fendre le malade contre eux. En face de la propagande, j\u2019ai montr\u00e9 par ailleurs que la d\u00e9fense ne consiste pas \u00e0 faire une contre-propagande (qui reste une propagande !) mais bien \u00e0 d\u00e9monter les m\u00e9canismes de propagande, \u00e0 expliquer les ressorts et les processus, \u00e0 montrer pourquoi telle personne dit ceci, \u00e0 apprendre au propagand\u00e9 qui va se passer, sur quoi, en lui, on agit, comment on attend qu\u2019il r\u00e9agisse et comment il peut d\u00e9jouer cela. De m\u00eame encore, un grand sp\u00e9cialiste des tests de personnalit\u00e9, ayant vu l\u2019extr\u00eame danger de leur application, a \u00e9crit un livre remarquable pour avertir le public non pas de ce danger, mais du \u00ab comment \u00e7a fonctionne \u00bb, comment sont con\u00e7ues les questions, comment sont interpr\u00e9t\u00e9es vos r\u00e9ponses, comment les donn\u00e9es sont crois\u00e9es, de fa\u00e7on \u00e0 ce que le lecteur apprenne \u00e0 \u00e9chapper \u00e0 ce type de classement et de contr\u00f4le. Il en est, \u00e0 mon sens, exactement de m\u00eame ici. Ce n\u2019est pas en refusant de faire de l\u2019informatique en classe que l\u2019on pr\u00e9servera les \u00e9l\u00e8ves. Ils seront poss\u00e9d\u00e9s par les gadgets et des \u00e9coles d\u2019entreprises. Il faut au contraire leur apprendre ce que c\u2019est, comment on s\u2019en sert, ce qui est possible avec ces appareils d\u00e9monter \u00e0 la fois l\u2019apparei1 lui-m\u00eame et la soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle il se d\u00e9veloppe, et montrer le r\u00e9seau de toute l\u2019informatique, pour apprendre \u00e0 l\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 se m\u00e9fier et \u00e0 critiquer cette \u00e9volution. C\u2019est le seul moyen de limiter le contr\u00f4le social par l\u2019informatique. Bien entendu, il ne s\u2019agit pas de d\u00e9velopper une hostilit\u00e9 syst\u00e9matique (et \u00e0 la limite de provoquer la destruction des appareils !), ni une mentalit\u00e9 de panique devant un tel pouvoir (ce qui fut parfois le tort dans la propagande antiatomique). Mais il faut partir de la certitude que c\u2019est quand on conna\u00eet effectivement une situation que l\u2019on peut la dominer. C\u2019est quand on a analys\u00e9 les \u00e9l\u00e9ments du pouvoir que l\u2019on peut \u00e9laborer un contre-pouvoir. C\u2019est toujours \u00e0 partir une appr\u00e9hension exacte, approfondie, rigoureuse de la r\u00e9alit\u00e9 que l\u2019on peut trouver une r\u00e9ponse au d\u00e9fi de cette r\u00e9alit\u00e9. Il serait alors n\u00e9cessaire de concevoir cet enseignement non pas comme : \u00ab Comment peut-on se servir le mieux possible de l\u2019ordinateur ? Comment peut-on servir le mieux possible l\u2019informatique ? Comment \u00eatre, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019informatique, un agent plus utile au d\u00e9veloppement de la soci\u00e9t\u00e9 ? \u00bb. Mais bien : \u00ab Comment, connaissant les pi\u00e8ges et les dangers de ce r\u00e9seau, de ces m\u00e9moires ces contr\u00f4les qui recouvrent la soci\u00e9t\u00e9, trouver une parade, une riposte pour sauvegarder la libert\u00e9 de l\u2019homme et sa capacit\u00e9 de jugement ? Comment d\u00e9tourner l\u2019informatique de son orientation \u00e9vidente pour la faire servir \u00e0 un contre-pouvoir ? Comment rompre la syst\u00e9matique technicienne pr\u00e9cis\u00e9ment en utilisant l\u2019extr\u00eame d\u00e9veloppement de cette technique ? \u00bb. Voil\u00e0 quel est l\u2019enseignement, tout \u00e0 fait orient\u00e9, th\u00e9matis\u00e9, qui peut en m\u00eame temps mettre l\u2019\u00e9l\u00e8ve au courant de cet appareillage in\u00e9vitable et dans une situation de choix, de d\u00e9cision et d\u2019ind\u00e9pendance. Il est \u00e9vident que ceci implique de la part des professeurs une mutation p\u00e9dagogique exactement comme le premier point. Il n\u2019a encore jamais \u00e9t\u00e9 pratiqu\u00e9, cet enseignement \u00ab en partie double \u00bb, d\u2019une part apprendre une science ou une technique, d\u2019autre part, et en m\u00eame temps, apprendre la critique \u00e0 l\u2019\u00e9gard de cette m\u00eame science et technique. Il est tr\u00e8s int\u00e9ressant de constater que, ou bien le professeur \u00e9tait tellement s\u00e9duit, enthousiaste, convaincu de la validit\u00e9 de la science qu\u2019il oubliait totalement la r\u00e9serve critique. Ou bien ceux qui pr\u00e9tendaient faire la critique le faisaient \u00e0 partir d\u2019un a priori id\u00e9ologique (la science est bourgeoise, il faut faire une critique de classe, etc.) qui se situait tout-\u00e0-fait en dehors du cadre scientifique, et il faut bien dire que dans ce cas, tr\u00e8s souvent, l\u2019enseignement dans sa scientificit\u00e9 et sa technicit\u00e9 manquait de rigueur et d\u2019exactitude. Il faut, autrement dit, acc\u00e9der \u00e0 un niveau sup\u00e9rieur de l\u2019enseignement o\u00f9 la critique soit int\u00e9gr\u00e9e (mais non pas comme on le faisait souvent en science : on faisait la critique d\u2019une th\u00e9orie, \u00e0 partir d\u2019une meilleure&#8230;) et effectu\u00e9e \u00e0 partir de la connaissance qu\u2019il n\u2019y a pas de science innocente et qu\u2019il faut l\u2019apprendre aux \u00e9l\u00e8ves. L\u2019informatique me para\u00eet \u00eatre le cas privil\u00e9gi\u00e9 pour faire cette d\u00e9marche, en m\u00eame temps qu\u2019elle est le d\u00e9fi qui nous est adress\u00e9 (peut-\u00eatre le dernier, avec le g\u00e9nie g\u00e9n\u00e9tique) pour nous obliger \u00e0 repenser un enseignement qui permette \u00e0 l\u2019\u00e9l\u00e8ve de devenir un adulte capable de proc\u00e9der \u00e0 des choix dans un monde d\u2019objets d\u2019informations et de machines. Il va de soi que ces orientations, qui montrent que le r\u00f4le des professeurs reste absolument central, vont exactement \u00e0 l\u2019encontre de l\u2019attente gouvernementale. Mais il serait temps que le corps professoral retrouve 1e sens de sa vocation sp\u00e9cifique et de son pouvoir.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nJacques Ellul<\/p>\n<ol>\n<li>Whyte : L\u2019homme de l\u2019Organisation<\/li>\n<\/ol>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>JACQUES ELLUL Education 2000 1981 Ce document que vous pouvez t\u00e9l\u00e9charger est aussi ci-dessous. En 1981, Jacques Ellul est interrog\u00e9 dans une revue de l&rsquo;Institut Sup\u00e9rieur de P\u00e9dagogie de Paris sur le lien entre enseignement et informatique. Son analyse, bien que dat\u00e9e, m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre relue, ligne \u00e0 ligne et mise en perspective avec ce que &hellip; <\/p>\n<p><a class=\"more-link btn\" href=\"https:\/\/brunodevauchelle.org\/?p=2883\">Lire la suite<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"amp_status":"","_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_feature_clip_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[16],"tags":[],"class_list":["post-2883","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_likes_enabled":true,"jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/brunodevauchelle.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2883","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/brunodevauchelle.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/brunodevauchelle.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/brunodevauchelle.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/brunodevauchelle.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2883"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/brunodevauchelle.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2883\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/brunodevauchelle.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2883"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/brunodevauchelle.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2883"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/brunodevauchelle.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2883"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}